La tournure est impropre : j'aurais dû dire : "Travailler plus pour ne rien gagner". Mais je préfère l'autre, voilà.

C'est l'histoire d'un garçon de 16 ans, qui fait l'école hôtelière, dans un lycée normand, et qui a travaillé cet été dans un restaurant, parce qu'il devait effectuer un stage en entreprise. Il n'a pas fait une seule fois la plonge. Il a dressé les assiettes, servi en salle. Bref, il a travaillé. Dur. Souvent quarante-quatre heures par semaine, parfois plus.

A la fin de son stage, qui a duré un mois, le patron du restaurant lui a dit "au revoir, petit, et merci". Il ne lui a même pas donné, allez, disons 50 euros. Pour le geste. Pour le principe. La loi l'autorise a exploiter cette main-d'oeuvre gratuitement, il l'a fait sans vergogne. Et ce n'est pas le Medef, arrivé très récemment au gouvernement par l'intermédiaire de son principal représentant, Mr Nicolas Sarkozy, qui changera cet état de fait.

Mais au fait, quel est l'enseignement principal qui a été dispensé à ce garçon ? Que lui a-t-on appris, durant ce mois passé devant et derrière les fournaux ? A-t-il appris à mieux dresser les assiettes ? A-t-il appris a mieux servir en salle ?

Certainement. Mais l'enseignement principal n'est pas là. Ce qu'il a surtout retenu de ce mois de travail non rémunéré, c'est que son travail ne vaut rien. Rien. Son travail et lui, valent zéro.

Voilà l'enseignement que lui a dispensé ce bon patron de restaurant.

Jeunesse désabusée, qu'ils disent, sur TF1. Sans repères.