Enfumer tue

Billets d'humeur et réactions à chaud, face à l'actualité, grande ou petite, et aux petits mensonges ordinaires. Blog totalement PARTIAL.

23 novembre 2009

Prise en passant

Sur un forum francophone, à propos de Nicolas Sarkozy en particulier, mais surtout, de la politique en général :


Je pense vraiment que la gauche est morte, mais je ne parle pas de la gauche française en particulier, celle-ci souffre surtout d'un problème de constitution, qui facilite les rivalités et les individualités. Je parle de la gauche européenne, je parle de la tendance, visible dans pratiquement tous les pays d'europe, à durcir les lois, à restreindre les libertés. Nous sommes dans un mouvement de contre-balancier, nous avons complètement digéré les années 70 et leur liberté (presque) sans bornes, les jeunes d'alors sont devenus vieux et intolérants, et les jeunes d'aujourd'hui sont également souvent intolérants. Je frémis en lisant les propos tenus sur ce forum par des jeunes, qui veulent supprimer le remboursement des soins aux fumeurs parce qu'ils n'avaient qu'à pas fumer. Et qui trouvent tout à fait normal de renvoyer les Afghans chez eux, parce qu'ils n'avaient qu'à pas venir, et qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Ce ne sont que des exemples, ils n'en sont pas moins révélateurs de cet état d'esprit d'aujourd'hui. Ce n'est pas pour rien que l'extrême droite, un peu partout, fait tranquillement son lit. Nicolas Sarkozy ne fait qu'utiliser les arguments démagogiques, dont il sait qu'ils porteront chez l'électeur moyen. Il surfe sur une vague, il n'est novateur en rien, et les idées qu'il prône ne sont pas les siennes, ce sont celles des électeurs. C'est donc l'électeur qui est responsable du durcissement des lois, ce sont les citoyens qui veulent plus de sécurité, quitte à l'échanger contre leurs libertés.

On a fait tout un foin de l'affaire Jean Sarkozy, moi le premier, mais personne ne parle de la loi LOPPSI. Une pétition a fleuri sur le net, qui a été signée 100000 fois, pour l'affaire du fils de. Combien de signatures pour ne pas renvoyer les Afghans chez eux ?

Cette civilisation est comme les jeunes des années 70 : elle est vieillissante, et elle devient frileuse et apeurée. L'Europe, au moins, fait tranquillement le lit d'un 21ème siècle, peut-être pas totalitaire, mais extrêmement surveillé, encadré, fliqué. Les gesticulations plus ou moins ubuesques de Sarkozy ne sont rien de plus qu'anecdotiques, mais la tendance de ce gouvernement est conforme à celle de la majorité des pays européens : obliger, interdire, surveiller, contrôler, ficher, noter.

La vraie liberté consistera pour nos enfants à n'avoir ni télévision, ni téléphone portable, ni internet, ni GPS.

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19 novembre 2009

TOXIC BLUES

Toxic a écrit, il y a longtemps, sur un forum Orange, un poème que j'ai bien aimé, je l'avais sauvegardé, et  pour une fois, je laisse parler quelqu'un d'autre, ça me repose, et vous aussi :


Je t'aime,
quand tu me regardes avec tes yeux doux, par en dessous, avec dans la prunelle une promesse de douceurs de caresses érotiques,

Je t'aime,
quand tu m'assassines de tes yeux furibonds, parce que je t'ai manqué de respect en public,

Je t'aime,
quand tu ne vois pas que je te regarde, et que j'entrevois tes bas sous ta jupe fendue, comme le voyeur de ma propre femme,

Je t'aime,
quand tu me fais signe qu'il est temps de prendre congé, parce que tu connais mes limites, et que tu sais que je vais les dépasser, encore une fois, encore une,

Je t'aime,
quand tu me ramasses par terre, tandis que je roule ma déchirure dans le fossé de ma déchéance éthylique,

Je t'aime,
quand tu te donnes à moi, toute, sans retenue, avec tout ton amour, toute la fougue de ta jeunesse, toute l'extravagance de ton jeune corps amoureux,

Je t'aime,
quand tu portes des sous-vêtements coquins, pour le seul plaisir de me faire plaisir, parce que tu sais que j'aime que tu aimes que j'aime que tu sois excitante, sexy, érotique, coquine, et un peu salope,

Je t'aime,
quand tu cuisines pour moi, pour le seul plaisir de m'aimer et de me le prouver, en étant ma femme,

Je t'aime,
quand tu souffres en mettant au monde le fruit de nos entrailles, et que je te soutiens, que je te tiens la tête, que j'appuie sur ton ventre,

Je t'aime,
quand de ton sexe distendu sort un amour qui nous soude et nous sépare à la fois, et que soudain, ton visage s'apaise et s'éclaire, parce que tu sais que ça y est, tu l'as fait,

Je t'aime,
quand tu n'oublie jamais que tu es maman le jour, et amante le soir,

Je t'aime,
quand tu me prodigues des caresses improbables, comme une femme à qui j'aurais promis la lune, alors même que je ne t'ai rien promis,

Je t'aime,
quand tu me demandes de t'épouser, et que je refuse, et que tu ris en disant "ça ne fait rien, je réessayerai plus tard, et je t'aurai",

Je t'aime,
quand tu fais semblant de ne pas voir notre différence d'âge, et que tu fais mine de n'avoir pas conscience de mes défaillances, encore rarissimes,

Je t'aime,
quand tu me fais croire que je t'ai donné du plaisir, cependant que j'ai été brusque, maladroit comme un jeune adolescent,

Je t'aime,
quand tu me regardes avec tes yeux langoureux, parce que dans tes yeux, même avec mes rides et mes cernes, je suis toujours beau,

Je t'aime,
quand tu regardes des émissions bébêtes à la télévision, et que ça me rend furibond,

Je t'aime,
quand j'oublie ton anniversaire, et que cela te fait de la peine, et que je me dis "merde, tu es un salaud, tu aurais quand même pu y penser", mais que je ne te le dis pas, pourtant cela te ferait plaisir que je te le dise,

Je t'aime,
quand tu appelles ta mère tous les jours au téléphone,

Je t'aime,
quand tu ne me juges pas, que tu acceptes et comprend mes vices, et qu'en échange, j'essaye de comprendre et accepter les tiens,

Je t'aime,
quand je réalise que tu m'accompagneras partout, jusqu'au bout, tendrement, patiemment,

Je t'aime.


Je pense que ce genre de texte un peu défoncé / décalé, plairait beaucoup à Pénélope. Il va falloir que j'essaye de faire pire, un jour...

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17 novembre 2009

Perdu de vue

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Cette nuit, j'ai mal dormi. Oui, vous vous en foutez, mais c'est moi qui rédige. Donc, j'ai mal dormi. Et quand on ne dort pas, on fait quoi ? Non mademoiselle, pas ça. On réfléchit. On pense. On laisse sa pensée divaguer. En général, moi, je commence par m'imaginer, nu, sur une plage, entouré de trois vahinés pas trop gonflées qui ne pensent qu'à mon bonheur, et puis tout ça finit dans les plumes et le goudron, parce que c'est plutôt comme ça que je fonctionne, mais c'est très personnel, si vous préférez commencer par les plumes et le goudron, c'est vous qui voyez, mais sachez que les vahinés n'aiment pas le goudron, enfin bref, arrêtez de vouloir me faire dire ce que je n'ai pas dit, surtout que ce n'est pas du tout le sujet de ce billet.

Cette nuit, donc, je repensais à quelques êtres, qui ont croisé ma route. Des copains, qui étaient, et ne sont plus. Je ne parle pas de la famille, la famille, côté ascendants en tous cas, c'est plutôt les survivants qu'on compte, maintenant. Non, je parle des copains et des copines qu'on a eu, lorsque nous étions jeunes et beaux insouciants, que nous imaginions la vie qui s'offrait à nous comme une brioche bien chaude, qui nous donnait envie de la croquer à pleines dents. Enfin, les autres, parce que moi j'étais plutôt du genre qu'on pensait qu'il allait mal finir, le gars. A l'époque, je pense qu'aucun de mes camarades, ni professeurs, n'aurait parié un kopek sur mon avenir, professionnel ou même personnel (croquer la vie à pleines dents, ne pas parier un kopek... je fais fort dis-donc, je devrais insomnier moins souvent quand même, tiens).

Je me souviens de Bastien. Bastien était un copain, je l'aimais bien, car il était comme moi, assez solitaire, il ne se fondait pas dans la masse. Bastien habitait chez ses parents, une grande maison bourgeoise. Il était très cultivé, et il adorait discuter avec moi, avant que je ne devienne un peu trop défoncé à son goût. Il a tout de même continué de venir à la maison, mais ce n'était plus moi qu'il venait voir, c'était mon père. Moi j'étais dans ma chambre à m'injecter de l'huile de vidange ou peu s'en faut, et lui était en bas, à discuter avec mon père. Ils parlaient musique. Bastien adorait la musique classique, il prêtait des disques vinyls à mon père, édités chez Deutsche Grammophone, souvent.

Bastien s'est tué un jour, je ne sais plus trop comment, en vérité. Je me souviens seulement qu'il n'en a pas fait exprès. Je revois bien son visage, il était gentil, cultivé, il est mort beaucoup trop jeune. Il devait avoir 23 ou 24 ans.

Paul, lui, c'était encore avant. Je devais être en 5ème, peut-être. Paul était un élève brillant, et moi j'étais déjà en échec scolaire. Caractériel, associable, qu'y disaient. Mon cul oui, c'est quand même pas facile d'être sociable quand on est jeune et entouré par des cons ! Hum, bref.

J'allais souvent chez Paul, j'étais un petit peu jaloux de lui, parce qu'il avait une collection de mini-soldats en plastique impressionnante, il en avait plusieurs milliers ! Je ne sais pas si vous vous rendez compte... Paul avait deux frères, les trois étaient gentils, Paul était le plus brillant, je pense qu'il était promis à un brillant avenir. Mais son avenir s'est heurté de plein fouet, en face à face, à l'avenir de quelqu'un d'autre, un jour de 1990. Je crois me souvenir que les deux avenirs ont perdu. Lui aussi, je revois bien son visage.

Et puis il y a eu Philippe. Philippe n'était pas très accepté par mon groupe de branleurs défoncés fouteurs de merde (faut employer les mots pour ce qu'ils valent hein), Philippe venait au Lycée professionnel en mobylette, c'était pratique pour venir s'échouer sur une voie de garage. Je vous parle d'une époque ou le téléphone portable n'existait pas, même pas le téléphone sans fil, on utilisait l'objet que vous voyez plus haut en photo, celui dont vous pensiez que c'était une sorte de presse papier ; pas d'internet ni de MSN, nul n'imaginait qu'un jour, l'on pourrait ainsi étaler sa vie comme de la confiture sur un blog. Une époque à laquelle on communiquait avec les filles en écrivant sur les tables des salles de cours. Une époque à laquelle on se taillait parfois un peu les bras à la lame de rasoir, mais rien de méchant, juste avoir une cicatrice pour le restant de sa vie sur le bras (ouais, l'été ça fait vachement classe, ouais). Michaël Jackson venait de sortir "Billie Jean", on s'éclatait sur Téléphone, enfin bref, je vous vois venir, surtout vous, là, madamoiselle, eh bien oui, je le dis clairement, je suis un vieux con et je l'assume, mais alors, si vous saviez. Surtout que, hein, ma jeunesse, pour ce que j'en ai fait, en réalité, je la regrette très moyennement, pour tout dire.

Bref, un jour que j'avais fait mon premier (et dernier) coma éthylique au Lycée, la surgé (surveillante générale, faut tout vous dire ou quoi ?) m'avait fait envoyer à l'hôpital. Je m'en étais enfui, et j'avais entrepris de voler une voiture pour aller me jeter dans un mur. Bon, rigolez pas, je sais que j'ai pas toujours eu des idées super bonnes quand j'étais jeune, mais il faut bien que jeunesse se passe, vous me verriez maintenant, vous me confieriez la garde de vos enfants. Donc, m'étant fait coincer par la propriétaire du véhicule que j'essayais de voler, et m'en étant sorti par un "oh ça va hein, je vous l'ai pas piquée votre bagnole !", j'étais parti à pieds, loin. Je cuvais, je vous rappelle que quelques heures avant seulement, j'étais en coma éthylique. Ca n'aide pas à avoir les idées claires, vous me l'accorderez d'autant plus volontiers que je ne vous laisse pas le choix.

J'avais fini par atterrir dans un bar minable, et, je ne sais plus trop comment, Philippe m'avait rejoint, avec sa mobylette. Lui, qui n'était pas intégré dans le groupe, lui dont parfois l'on se moquait, lui m'avait convaincu d'appeler mes parents (qui devaient être morts d'inquiétude, puisque prévenus par le Lycée que je m'étais enfui de l'hôpital). il était 21h30 lorsque j'ai appelé mes parents, Philippe était resté avec moi jusqu'au bout, on a joué au flipper tous les deux en fumant des gitanes (eh ouais, comme ça on ne me taxait pas dans la cour du Lycée).

J'ai pris le taxi, j'ai quitté le lycée le soir même, je suis entré dans la vie professionnelle (l'usine, évidemment, mais à l'époque on avait au moins ça pour démarrer).

Philippe, lui, s'est tué l'année suivante en mobylette.

Voilà, cette nuit, je pensais à eux, je me disais qu'on n'est jamais complètement mort, tant que quelqu'un pense un peu à nous. Je me disais que les bons ne sont pas toujours où l'on croit qu'ils sont, et je me disais qu'il ne faut jamais préjuger de l'avenir de quelqu'un, je me disais que ne laisser aucune chance à quelqu'un qui a fauté un jour, c'est peut-être un peu... radical. En tous cas, je suis certain que si je posais la question à ma femme et à mes deux enfants, ils diraient comme moi.

NB : les prénoms ont été changés, pour vous ça change rien, et moi j'ai pas envie d'avoir des emmerdes avec les familles.

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10 novembre 2009

Enfumer tue...

...toute crédibilité.

J'entendais ce matin sur France-Inter, à propos de cette nouvelle affaire de révisionnisme (à ne pas confondre avec le négationnisme) consistant à se téléporter à Berlin le matin du 9 novembre 1989 à 9h, quand personne, même à Berlin, n'imaginait encore une seule seconde que le mur allait tomber, j'entendais, donc, qu'un proche de l'Elysée se plaignait que "maintenant, dés qu'on dit quelque chose, personne ne nous croit".

Ben oui. J'apprends ça à ma fille de 6 ans : "si tu continues à mentir comme ça, plus personne ne te croira".
Il a été élevé par des loups dans la forêt, Sarkozy ? Personne ne lui a appris qu'à force de mentir, tout le temps, à tout le monde, plus personne ne le croirait ?

Pour résumer ce qui se dit en ce moment sur la toile, Nicolas Sarkozy, c'est Forrest Gump !

Pour avoir un aperçu des promesses non tenues du candidat Sarkozy (promesses tenables en 2008 évidemment), vous pouvez lire cet excellent billet.

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07 novembre 2009

Prends l'oseille et tire-toi

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Un convoyeur de fond s'est fait la malle avec le fric qu'il transportait. Vous voulez que je vous dise ? Ca me fait bien marrer ! Voilà un type qui vient de réaliser le casse du siècle (11,6 millions d'euros, il y a de quoi s'arrêter de travailler), sans violence, sans armes. Et il a volé des billets non répertoriés, pour ainsi dire neufs, dont personne ne connait les numéros.

Moi, si j'avais 11,6 millions d'euros, que j'étais célibataire sans enfants, je pense que même Interpol ne me retrouverait pas. En tous cas, le coup est intelligent, préparé, astucieux. Du grand banditisme sans armes, moi je dis bravo. Bon, ce type n'est pas encore à la hauteur d'un Jérome Kerviel ou d'un Charles Pasqua, mais tout de même, il a fait très fort.

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04 novembre 2009

Plus dure est la chute

Nicolas Sarkozy drague Le Pen. Enfin, non, pas Le Pen, mais ses électeurs. Eh oui, Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages, et les régionales approchent. Alors, étant donné qu'à l'UMP, ils prennent toujours autant leurs électeurs, et ceux des autres, pour des lapereaux de 6 semaines, ils se sont dit, benoîtement, qu'ils allaient faire jouer la classique corde sensible de l'identité nationale, de la tolérance zéro, du tout sécuritaire, bref, tous ces arguments employés par un Nicolas Sarkozy décomplexé et sûr de lui, lors de la campagne de 2007 (et déjà bien avant), et destinés à capter les voix du Front National. Captation qui fut, reconnaissons-le, couronnée de succès.

Et allons-y ! A l'UMP, quant il s'agit de draguer à l'extrême droite, on ne fait pas dans la demi-mesure.

C'est Nicolas Sarkozy qui (re)prononce un discours aux vieux relents pétainistes, sur fond de "terre" et d'identité nationale, c'est Eric Besson qui lance un "débat national" sur l'identité nationale, et "qu'est-ce que c'est d'être Français", sur fond de marseillaise et de drapeau tricolore, c'est Brice Hortefeux qui lance une idée inapplicable de "couvre-feu" pour les mineurs déjà condamnés (mineurs pour qui la carte d'identité n'est pas obligatoire, ce qui sera très pratique pour savoir s'ils ont déjà été condamnés ou non), juste pour que le français moyen ait bien peur...

Rien de bien nouveau dans ces grosses ficelles électorales. En fait, ce qui m'agace tout de même un peu, c'est la propension qu'ont les médias à traiter l'écume des vagues de l'actualité, au lieu de s'attacher au fond. Hortefeux lance son idée de couvre-feu, tout le monde se jette sur le nonos pour bien le ronger jusqu'au bout, hop un édito, vite, hey venez voir les gars, y a une information qui va faire la une là ! Mais peu de journalistes poussent l'honnêteté et l'étique jusqu'à souffler à leurs lecteurs que, non, rassurez-vous, ce n'est qu'une basse manœuvre électorale, tout ceci est inapplicable et relève d'une stratégie maintenant bien rodée, mais aussi bien érodée, mise au point bien avant Nicolas Sarkozy, la stratégie du "contre-feu" et du ballon d'essai. Couplé avec une œillade langoureuse aux électeurs d'extrême droite, le coup aurait encore porté, il y a un an. Aujourd'hui, c'est un pétard mouillé, un plouf dans les toilettes.

C'est évident, ça tombe sous le sens, cela va sans dire ? Pas pour tout le monde. L'électeur du Front National est très "1er degré", en général. Et ça, nos "journalistes politiques" (je mets des guillemets, hein) ne l'ignorent pas. Pour autant, ils publient, sur papier, sur internet, à la radio, à la télévision, des commentaires sur cette idée loufoque et inapplicable, ils s'interrogent sur la faisabilité de la chose, sur l'aspect légal, moral, au lieu de souligner la vraie information importante, cachée derrière cet écran de fumée : Nicolas Sarkozy est en mauvaise posture pour les élections régionales, les électeurs du FN ne lui font plus confiance (-10%) et les électeurs de l'UMP, de moins en moins (-9%). Il s'agite, Nicolas Sarkozy, il s'évertue, il se défend, contre l'opposition, mais surtout en ce moment, contre sa propre majorité. Fillon qui tacle Guaino, Raffarin qui mène la fronde au Sénat, père, gardez-vous à gauche, père, gardez-vous à droite ! Il a perdu la confiance de ses électeurs, il a perdu la confiance de son parti, il est le capitaine d'un bateau qui prend inexorablement l'eau, sous les coups de hache répétés qu'il a lui-même assenés à la coque, à grands coups de décisions unilatérales prises un matin dans sa salle de bain (la suppression de la publicité sur les télévisions du service public), et d'obstination confinant à l'autisme (la taxe professionnelle, Jean Sarkozy, le paquet fiscal, le refus d'admettre que oui, les impôts vont exploser dans les années à venir, parce qu'il faudra bien que quelqu'un la paye, la crise).

Nous entendons les craquements d'un mode de gouvernance qui s'émiette et s'étiole, qui a atteint ses limites et risque à tout moment l'implosion, et à la veille de fêter les 20 ans de la chute du mur de Berlin, ma foi, c'est plutôt une bonne nouvelle.

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31 octobre 2009

Le nouveau scandale du sang contaminé

Chronique d'un scandale sanitaire annoncé. Ce qui deviendra, dans quelques temps (mois ? années ?) l'affaire du vaccin contre la grippe A, est d'ores et déjà une sordide et très ordinaire histoire... de gros sous ! Eh oui, comme pour le sang contaminé par le virus du sida, ce sont des considérations financières qui ont conduit l'Etat français a commander, dans des conditions financières opaques (et qu'il refuse de dévoiler pour l'instant), auprès de 4 laboratoires, 94 millions de doses d'un vaccin fait à la va-vite, avec des adjuvants dont on ignore totalement l'effet secondaire potentiel, pour lutter contre une pandémie dont la mortalité est d'un cas sur dix mille, environ, soit largement inférieure à celle de la grippe saisonnière.

Alors, ça, c'était la première connerie, elle est signée Roselyne Bachelot, notre toujours "Ah bon ?" ministre de la santé.

Maintenant, ces vaccins, ils ont été achetés, et payés par le contribuable français. Il va falloir en faire quelque chose, parce qu'ils seront périmés dans 18 mois, et que jeter 658 millions d'euros à la poubelle, en ce moment, ça passera mal auprès du contribuable. Alors, on va faire quoi ? Parce que seuls 17% des français se déclarent prêts à se faire vacciner. Voyons, 17% de 60 millions, ça fait environ 10 millions de doses écoulées. Bien. Il en reste 84 millions. (Merci à Charlie Grogne, parce que je m'étais un peu planté en comptant les zéros. Faut dire qu'en ce moment, les zéros, y en a tellement, qu'on en oublie toujours un quelque part).

Si le gouvernement prend une décision quelconque de vaccination obligatoire pour telle ou telle catégorie de la population française, au risque qu'une partie d'entre eux développent une affection secondaire grave, voire mortelle, ce sera de l'empoisonnement volontaire, pur et simple. Et personne ne pourra dire "responsable, mais pas coupable", car nous savons tous qu'ils savent.

Rappelons à l'appui de ces propos, qu'en terme d'effets secondaire, Glaxo Smith Kline (GSK) refuse de divulger les informations relatives à la pharmacovigilance, c'est à dire les effets indésirables (ou secondaires, NDLR).

A ce jour, la seule solution pour Roselyne Bachelot, consiste à avouer franchement son erreur, et à démissionner.

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25 octobre 2009

Selon que vous serez puissant ou misérable...

...les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Un policier, en excès de vitesse en ville, a renversé et tué un adolescent de 14 ans, Nelson. Il a été condamné à 1 an de prison avec sursis.

Une femme, en excès de vitesse en ville, a été arrêtée. Elle n'a tué personne. Elle a été condamnée à 18 mois de prison ferme.

Je n'ai même pas le courage de commenter, pensez ce que vous voulez.

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24 octobre 2009

La nausée

Ce matin, j'ai la nausée. Oh, ce n'est pas l'excès d'alcool, ni une sorte de maladie plus ou moins gastrique ou intestinale, non, c'est dû à ma consultation quotidienne des différents sites d'information en ligne.

Sur libération.fr, par exemple, j'apprends que la direction de M6 a censuré un reportage sur Mc Donald et KFC, qui filmait en caméra cachée les graves manquements à l'hygiène constatés chez Mc Do, et qui démontrait, preuves à l'appui, que les poulets estampillés "halal" chez KFC ne sont pas abattus selon le rite musulman.

Mc Donald avait vu le reportage, KFC également. Ce ne sont pas eux qui ont demandé à ce qu'il ne soit pas diffusé, c'est la direction de M6, toute seule comme une grande, qui a censuré ce reportage.

D'un côté, j'ai la nausée, en constant chaque jour que des gens, en ce moment, partout dans notre pays, qu'ils soient PDG, députés, ministres ou Présidents de je ne sais quelle inutile entité publique ou privée, essayent de plaire au roi, en piétinant toutes les règles de déontologie, de morale, d'éthique, d'humanité, que notre société avait établies, et qui avait fait de nous le "pays des droits de l'homme".

D'un autre côté, quand je constate que la France est le deuxième pays le plus rentable, après les Etats-Unis, pour Mc Donald, je me dis que les gens qui bouffent là-dedans, très cher et pas bon, n'ont que ce qu'ils méritent.

Bref.

La nausée, c'est également cette histoire absurde, inventée par un Nicolas Sarkozy ivre de victoire, de lecture d'une lettre qu'un jeune communiste de 17 ans, fusillé en 1941, a adressé a sa famille avant de mourir. Cette lettre est émouvante, mais n'a rien à faire dans un cours d'histoire consacré en général à un tout autre sujet que la seconde guerre mondiale. D'autant que Guy Moquet, qu'on se le dise une fois pour toute, n'a pas été fusillé comme Résistant. Il a été fusillé en tant que communiste, peu de temps après la rupture du Pacte Germano-Soviétique.

Comme disait en substance, le 22 octobre au matin sur France-Inter une enseignante intelligente (si, si, ça existe) : La lecture de cette lettre est censée exalter les valeurs de la résistance, et on demande à chacun de se plier, le petit doigt sur la couture du pantalon, et sans résistance, à cette consigne présidentielle. S'aplatir pour glorifier la résistance, il fallait y penser, Nicolas Sarkozy l'a fait.

Bref.

La nausée, c'est le roi qui exige qu'on revote au parlement, parce qu'un double champion olympique d'escrime aurait vu son doigt "riper" sur le mauvais bouton lors du vote de la surtaxe de 10% des profits bancaires.

C'est voté, ça ne convient pas au roi, on revote. C'est comme ça, maintenant, dans ce pays : on est un pays démocratique, alors on vote, et tant que le vote n'est pas conforme au souhait du roi, on revote. Ah, il est content le peuple, il vote, il est content. On a eu le traité de Lisbonne, on a eu HADOPI, maintenant on a la surtaxe des profits financiers.

Alors, évidemment, le gouvernement (oui, officiellement, il y a un gouvernement, dans ce pays, avec un premier ministre) a le droit de demander une seconde délibération, il n'agit pas hors la loi. Mais il agit au mépris du peuple, au mépris de la morale. Evidemment, de la part d'une femme qui fût classée 5e femme d'affaires européenne par le Wall Street Journal en 2002, il ne fallait pas s'attendre à trouver beaucoup de morale dans ses dictats de vote (oui, ce ne sont plus des consignes, maintenant, ce sont carrément des dictats, correspondant fidèlement aux oukases de Nicolas Sarkozy). Mais, ces banquiers, qui continuent à s'enrichir et manger gras, il va bien falloir s'occuper d'eux un jour, hein. Les lanternes parisiennes sont un peu tristes, en hiver, elles manquent de décorations. Comment ? vous voulez aussi pendre les députés ? Allons, allons, calmez-vous. Chaque chose en son temps.

Tout de même, quelle belle démocratie, comme vous devez être bien contents, peuple, populace, de vivre dans un si beau pays si démocratique !

Ah, un dernier petit détail qui vous fera rire, j'en suis sûr : Mr Jean-François LAMOUR, qui affirme que son doigt a "ripé", avait défendu cet amendement, comme le prouve le compte rendu de la séance du vendredi 23 octobre 2009. (faites une recherche sur "lamour", vous tomberez directement dessus).

C'est donc bien le fait du roi, cet amendement n'a pas été voté "par erreur".

Bref.

La nausée, c'est ces afghans, renvoyés par charter dans un pays en guerre, par un ministre de l'immigration d'un pays qui fut, jadis, celui des droits de l'homme. Comme le disait l'excellent chroniqueur François Morel, un vendredi matin sur France-Inter, Ericbessonner est devenu un verbe, synonyme de trahir :

j'ericbessonne
tu ericbessonnes
il, elle ericbessonne
etc..

Evidemment, cet homme est un traitre sans états d'âme, et je pense que lui demander de faire preuve d'humanité, c'est comme demander au vautour d'épargner l'enfant qui va mourir. Comment pourrait-il l'épargner, puisqu'il est un vautour ? La nature l'a faite vautour, il se comporte en vautour.

Eric Besson, la nature l'a fait traitre et sans âme ni morale, il se comporte en traitre sans âme ni morale. C'est un Frédéric Lefebvre en plus fourbe, parce qu'il dissimule son instinct de tueur derrière une couche de vernis poli, quand le porte parole de l'UMP sort directement la mitrailleuse pour vomir sa bile dés que le roi le lui demande. L'un est un porte flingue, l'autre un tueur à gages.

Voilà, ce matin j'ai la nausée, et je préfèrerais vraiment que ce soit à cause d'une bonne cuite...

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12 octobre 2009

Jean Sarkozy, fils de...

"Le népotisme (emprunt à l'italien nepotismo, de nepote, « neveu ») est la tendance de certains papes, et par extension de certains dirigeants, à favoriser l'ascension de leur famille ou leur entourage dans la hiérarchie dont ils sont le sommet."

Jean Sarkozy, déjà conseiller général à 23 ans, est pressenti pour remplacer Philippe Devedjian à la présidence de l'EPAD.

L'EPAD, c'est l'Etablissement Public pour l'Aménagement de la région de la Défense. Public. Donc, c'est avec votre argent qu'il joue. C'est un organisme clé, en matière économique et politique.

Le Président de la République Française a choisi de nommer son fils de 23 ans, Jean Sarkozy, déjà connu pour avoir été relaxé dans l'affaire du scooter, pour avoir épousé l'héritière de Darty, et pour être conseiller général des hauts de seine, là même ou son papa avait commencé sa carrière, à la tête de cet établissement public, préparant ainsi le terrain pour sa candidature de 2012.

Au delà du fait que Jean Sarkozy n'a pas terminé ses études, et qu'il ne semble pas faire preuve d'une grande intelligence politique, il est évident que ce népotisme est insupportable pour quiconque prétend vivre en démocratie.

A cet égard, il est fort savoureux de relire cette belle déclaration solennelle, faite la main sur le coeur et la bouche en cul de poule, par un Nicolas Sarkozy (si, si, c'est bien lui) désireux de faire valoir son intégrité, en sa qualité de candidat à la présidence de la République Française :

”La démocratie irréprochable ce n’est pas une démocratie où les nominations se décident en fonction des connivences et des amitiés mais en fonction des compétences (…) Le fait du prince n’est pas compatible avec la République irréprochable.”

Ca ferait sourire, si ce n'était pas aussi lamentable, n'est-ce pas ? Une pétition est en ligne ici, je l'ai personnellement signée, et vous encourage à le faire. Et à relayer le message, si vous le souhaitez. EDIT du 14 octobre 2009 : cette pétition a déjà recueilli plus de 48000 signatures en 4 jours !

C'est en protestant que l'on pourra arrêter ce délire népotique et paranoïaque de notre Silvio Berlusconi national.

Posté par Maldoror à 08:43 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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