14 mai 2009
OL : plus dure est la chute
Le spectacle d'un vieil aigle mourant n'est, somme toute, jamais réjouissant. La chute de l'OL, irréversible désormais, conclut son parcours. Et son patron conclut probablement le sien.
Adieu, le grand stade, adieux, les projets démesurés, adieu, l'action en bourse... L'OL n'est plus le patron. Cela réjouira ceux qui, depuis des années, s'ennuient ferme en regardant le football français à la télévision, dont on aurait pu dire jusque là, qu'il est "un sport dans lequel s'affrontent plusieurs équipes de onze joueurs, et à la fin, c'est l'OL qui gagne".
Cela réjouira sans aucun doute ceux qui pensent qu'il n'y a qu'un seul Olympique, et que ce n'est pas celui-ci. Cela attristera les lyonnais, qui brillaient jusque-là, et vont retomber dans le quasi-anonymat footballistique.
Mais, attristés ou réjouis, admettons-le : cette année, le football est intéressant. Quant à l'OL, sa chute est proportionnelle à sa gloire passée : brutale et abyssale. Lyon n'aura rien gagné cette année, et gageons que ce cadeau, concédé aux autres équipes, qui talonnaient déjà Lyon depuis plusieurs années, sera apprécié à sa juste valeur, et que la place sera très vite occupée. Reste à savoir si c'est Bordeaux ou Marseille qui brillera, cette année. Reste à savoir si l'OL sera capable de briller à nouveau, un jour, au firmament du football français, ou si, comme je le disais en introduction, cette chute ferme le ban, pour l'OL et pour Jean-Michel AULAS.
08 avril 2009
Paradis Fiscaux : succès du G20 !
Et voilà, la liste noire est vide.
Souvenez-vous, le 2 avril 2009, la liste noire était publiée. Elle était constituée des pays suivants :
- Costa Rica,
- Malaisie,
- Philippines,
- Uruguay
Ce sont les "pays qui ne collaborent pas avec d’autres en cas d’enquête fiscale et qui ne cherchent pas à suivre les normes internationales sur la transparence".
Bien, le G20. Bravo, les chefs d'Etats qui s'autocongratulaient au lendemain du G20, se félicitant d'avoir si rapidement et si aisément sauvé le monde. Obama, Sarkozy, Brown, tous s'attribuaient la victoire. On allait en finir avec les paradis fiscaux. Ah, ils allaient voir de quel bois ils se chauffent, les Philipines et autres Luxembourg !
Effectivement, on a vu.
Le 4 avril 2009, l'Uruguay a promis la transparence et l'échange d'informations en matière fiscale. Il a été immédiatement sorti de la liste noire.
C'est un peu comme si votre banque vous retirait de la liste rouge des mauvais payeurs, en recevant un simple courrier de vous, les informant de votre promesse de rembourser rapidement vos dettes. Vous n'y croyez pas une seconde, n'est-ce pas ? Moi non plus.
Aujourd'hui, 6 jours après la publication de cette "liste noire", c'est terminé. Elle est vide. Les quatre pays ont "promis la transparence et l'échange d'informations en matière fiscale". Voilà, le gentil banquier du G20 a reçu un courrier de ses débiteurs, l'informant de leur promesse de rembourser leurs dettes, et il les a sortis de la liste rouge. Il est gentil, le banquier du G20. Plus gentil qu'un vrai banquier.
Bon, évidemment, il reste la liste grise, sur laquelle figurent tous les autres pays, des Îles Cayman à la Suisse, en passant par Monaco, etc.. Ah, ceux-là, ils sont tranquilles, ils ne sont pas sur la liste noire. Et nul doute que leur placement sur une "liste grise" va dissuader les entreprises et les particuliers d'aller y ouvrir des comptes numérotés.
Ah ça, quel succès que ce G20 ! Vous pouvez dormir tranquilles, braves gens. S'il vous plait.
31 mars 2009
La colère
La colère est un péché. Capital. Alors, lorsque la dite colère est précisément dirigée contre le capital, et ses représentants, on ne peut que s'interroger sur l'ironie de cette situation : partout, des capitalistes licencient des salariés tout en affichant des bénéfices. Partout, des salariés commencent à retenir en otage, dans leurs bureaux, des capitalistes, en exigeant un partage des richesses.
N'y-a-t-il donc que moi pour voir que c'est un grondement sourd qui monte de la masse populaire ? Suis-je donc le seul à percevoir l'énorme danger potentiel que représente la non-prise de position claire du gouvernement vis à vis des patrons ?
Nicolas Sarkozy parle, mais il n'agit pas. Les patrons sont libres, toujours. Quid de la retraite de Daniel Bouton, PDG de la Société Générale ? Nicolas Sarkozy avait souhaité sa démission, mais il n'a pas démissionné.
Nicolas Sarkozy pourrait aussi s'offusquer de sa retraite, mais il la touchera quand même. Nicolas Sarkozy n'a aucun pouvoir sur le domaine privé, lui le sait, Daniel Bouton le sait, mais ce qui a changé, c'est que maintenant, les français aussi le savent.
Les français, qui ont déjà montré par le passé qu'en l'absence d'un gouvernement capable de prendre les bonnes décisions au bon moment, en période de crise extrème, ils savaient se substituer au gouvernement, et prendre les décisions eux-même.
Je ne souhaite pas que nous en arrivions là, mais ouvrons tous les yeux : comme aux échecs, si le gouvernement ne conserve pas un coup d'avance, il va se retrouver sur une position défensive, très difficile à tenir.
Il a tiré les noirs, ce n'est pas pour ça que la partie est perdue, mais elle sera difficile à jouer, et chaque période de vacances au Brésil, au Mexique ou ailleurs, du couple présidentiel, chaque patron qui annoncera des licenciements en même temps que des bénéfices, chaque trader qui viendra travailler une journée en France pour toucher 6000€ de chômage par mois, chaque banquier qui refusera un crédit à un travailleur ou à un petit patron de PME, fera perdre l'avance aux noirs, et donnera aux blancs l'occasion de placer ses pièces.
La diagonale du fou est infernale, d'autant que chaque partie a un fou blanc, et un fou noir.
Blanc, noir, aucune allégorie. Juste une partie très serrée. Et je ne suis pas le seul à entrevoir une fin très difficile à cette partie.
Si les gouvernements, au niveau mondial, ne prennent pas les décisions nécessaires au G20, plus personne ne croira en eux. La confiance définitivement évanouie, ne restera plus que la colère. Alors, il y aura du sang, de la sueur, et des larmes...
18 mars 2009
Le crime de Benoît 16
Jean-Paul II était allé en Afrique, très souvent, martelant à chaque fois le même discours, qui allait totalement à l'encontre des efforts des associations humanitaires sur place : "il ne faut pas utiliser le préservatif, il faut s'abstenir".
Les noirs, qui sont très croyants et très respectueux des interventions du pape, lui ont donc obéit, et n'ont pas mis de préservatif. Mais ils ont continué à être polygame, décimant ainsi leur propre continent avec les encouragements de notre regretté pape, qui a sur les mains le sang de centaines de milliers de victimes du sida en afrique.
benoît 16 (je ne me fatigue pas avec les majuscules) devait sans doute être jaloux de cette performance de Jean-Paul II, il a donc décidé de frapper encore plus fort : sur la terre africaine, non seulement il a assuré que le préservatif n'aidait en rien à protéger du sida, mais qu'au contraire, il ne pouvait que l'aggraver.
Gageons que d'autres centaines de milliers d'africains vont mourir à la suite de ces nouvelles déclarations. Je souhaite seulement que ce vieil homme vive suffisamment longtemps pour qu'on puisse lui tatouer le bilan en victimes humaines de son intervention désastreuse, sur le cul, en guise de message au tout puissant.
12 mars 2009
Procès Colonna : Une affaire d' Etat
Si l'assassinat du préfet Erignac était scandaleux et révoltant, le procès du berger Corse ne l'est pas moins. Résumons, qu'avons-nous dans ce futur scandale judiciaire d'Etat en devenir ?
* des témoins qui se rétractent, qui se contredisent, qui ne reconnaissent pas l'accusé
* un coaccusé qui s'accuse d'être le tireur
* des avocats qui demandent une reconstitution pour vérifier que le "petit coin sombre" dans lequel aurait été "tapi" Yvan Colonna existe bel et bien dans cette rue Colonna-d'Ornano, à Ajaccio
* un berger Corse qui clame son innocence
Et en face, nous avons quoi ? Une cour, qui juge l'assassin présumé d'un préfet, assassin que Nicolas Sarkozy a fait arrêter l'avant-veille du référendum local sur la réorganisation administrative. Colonna, qui fût arrêté le 4 juillet 2003, avec un référendum organisé le 6 juillet. Alors qu'il était en "cavale" depuis 4 ans.
Une cour, qui entend des témoins affirmer qu'ils ne reconnaissent pas l'accusé. Une cour, qui entendent les témoins parler de deux hommes sur place, et non trois. Une cour, qui entend un autre homme que Colonna s'accuser d'être le tireur. Une cour, qui demeure inflexible, qui refuse de se déplacer pour une reconstitution. Que craint-elle de découvrir, sur place ? La vérité ?
Maintenant qu'il a fait 6 ans de prison déjà, et qu'on tient un coupable bien venu pour l'opinion publique et pour tout le monde, du reste, cela m'étonnerait beaucoup que ce procès ne soit pas "joué d'avance", comme le proclament ses avocats.
Mais le pire, finalement, s'il était effectivement innocent, ce serait pour la famille du préfet Erignac : en croyant punir l'assassin de Claude Erignac, elle se tromperait, et défoulerait sa colère sur un homme qui serait innocent, en laissant peut-être en liberté l'homme qui tira 3 balles dans la nuque du préfet.
Aujourd'hui, l'affaire prend une tournure ubuesque, puisque, les avocats de Colonna et Colonna lui-même ayant décidé de quitter le procès pour ne plus s'y rendre, la cour a décidé de poursuivre le procès. Sans défense, sans accusé. Condamner, coûte que coûte. Vite.
Colonna est peut-être coupable, je l'ignore, et n'en préjuge pas. Mais une chose est sûre : innocent ou coupable, ce procès n'est pas juste. Et on en reparlera, au cours de l'autre procès, celui que l'histoire fera à nos "grands" actuels. Tout le monde doit un jour rendre des comptes, de son vivant ou pas.
01 février 2009
Gazobamasocialismanifesanctionpolitique
Ca fait longtemps que je n'ai pas posté. Je n'étais pas malade, ni en voyage à l'étranger. J'étais fatigué. Fatigué de voir mon pays devenir le nid de l'intolérance, sous les coups de butoirs répétés de Brice Hortefeux, téléguidé par Nicolas Sarkozy. Je n'aime pas que les noirs et les arabes, clandestins ou pas, se jettent du 4ème étage d'un immeuble, dans mon pays, pour échapper à la police de mon pays.
Fatigué d'assister à cette parodie de pouvoir législatif, avec un Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée Nationale, aux ordres, le doigt sur le couture du pantalon, l'oreillette bien assujettie, directement branchée avec l'Elysée ; un Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, lui aussi téléguidé par l'Elysée, lui aussi le doigt sur la couture du pantalon, lui aussi prêt à déclarer solennellement les pires insanités si Nicolas Sarkozy lui en fait la demande.
Si Nicolas Sarkozy le leur demandait, ces deux-là affirmeraient sans frémir que les noirs et les arabes sont la première cause de délinquance en France.
Et les députés socialistes qui boycottent la séance de questions au gouvernement. Et tout le monde s'en fout. Ils pourraient aussi bien défiler devant l'assemblée nationale avec une plume dans le cul en mangeant de la terre, les députés socialistes, que tout le monde s'en foutrait pareil. Tout le monde s'en fout, parce que Nicolas Sarkozy s'en fout, et qu'aujourd'hui, les petits chiens chiens politiques que sont les Coppé, Bertrand et autres Devedjian, aiment ce que Sarkozy aime, détestent ce que Sarkozy déteste, s'insurgent de ce contre quoi Sarkozy s'insurge, et ironisent sur les sujets dont le Président se moque.
Sarkozy est dangereux, mais sa cour, elle, est juste pitoyable.
Fatigué de voir mes compatriotes lentement se résigner, lentement se courber, lentement se soumettre. On leur interdit de boire, on leur interdit de fumer, on leur interdit ceci, on les oblige à cela. Et ils se soumettent, comme des chiens. Et quand on les fait descendre dans la rue, par millions, et que le pouvoir affirme qu'il a bien entendu les craintes du peuple, mais qu'il doit continuer des réformes difficiles mais nécessaires (traduction : foutez-vous vos banderoles au cul, tas de cons, on y est, on y reste), le peuple rentre sagement chez lui, se secoue un peu, et va se coucher dans son panier, au chaud.
Fatigué, oui. Mais pas au point de me taire.
Gaza : le massacre en toute impunité
Maintenant que les avions se sont posés sur leurs bases, que les chars sont repassés de l'autre côté de la frontière, et que les Palestiniens peuvent compter leurs morts, il faut le dire : les Israéliens se sont rendus coupables de crimes de guerre à Gaza, notamment en lançant des obus au phosphore blanc.
Bilan humain de la guerre de Gaza : 1315 morts côté Palestiniens, 13 côté Israéliens. Non, il ne manque pas un zéro. Les Palestiniens ont subi 99% des pertes humaines de cette guerre. Dont près de 500 enfants de moins de 18 ans. Je ne parle pas des hôpitaux, des écoles et des réserves de nourriture bombardés (y compris des bâtiments de l'ONU).
Ehud Olmert devra être traduit devant un tribunal pénal international, pour crime de guerre. Enfin si un jour quelqu'un s'intéresse au fait que les juifs massacrent les arabes, évidemment.
Obama : l'impossible espoir
La tâche qui attend le nouveau Président Américain est immense, démesurée, insensée. Et pourtant, il va falloir qu'il prenne les problèmes à bras le corps, un par un. Georges W. Bush lui a laissé un tas de ruines, qu'il va lui falloir reconstruire. L'économie, la puissance, l'image des Etats-Unis, Bush a tout flingué, en 8 ans, il a fait des Etats-Unis un pays dont plus personne ne demande seulement l'avis pour résoudre une crise mondiale comme celle de la Géorgie, par exemple.
Exsangues, les Américains vont devoir encore faire des sacrifices. Et comme si cela ne suffisait pas, on leur dit maintenant (alors qu'on leur affirmait le contraire du temps de Bush, mais l'ancienne administration américaine n'en était pas à un mensonge près), que le réchauffement climatique est irréversible, qu'il n'y aura bientôt plus de pétrole, qu'ils sont trop gros, trop pauvres.
Pauvres Américains, en effet. Et Obama va devoir fermer Guantanamo, retirer les troupes en Irak, repenser le déploiement des militaires américains en Afghanistan, redorer le blason de l'Amérique, notamment en reprenant la place qui est celle des Etats-Unis dans l'équilibre géopolitique mondial... Ses nuits vont être courtes, mais quand on entre dans l'histoire par la grande porte, on est tenu à un engagement de résultat.
Parti Socialiste : la déglingue
Ah, quel beau parti que nous avons là, quelle belle et forte opposition au gouvernement, et combien les nuits du Président Sarkozy doivent être agitées, en pensant au danger que représentent Martine Aubry et Benoît Hamon.
Ah ça, je crois que le résultat du congrès de Reims aura été au delà de nos espérances. Démoli, déglingué, descendu, flingué, ratatiné, ratiboisé, anéanti, brisé, il ne reste plus rien de ce parti, dont il serait logique que Martine Aubry soit la dernière secrétaire générale, et celle qui prononcera fort logiquement sa dissolution.
Manifestations : En France, quand il y a une grève, ça se voit
Les Français étaient très nombreux, dans la rue. Environ 1.7 millions, voire 2 millions (entre 1 million selon la police et 2.5 millions selon les syndicats, arrange ta cravate avec ça). "Ce n'est pas la rue qui gouverne", avait dit Raffarin. "Désormais en France, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit", avait affirmé le 5 juillet 2008 devant le conseil national de l'UMP un Nicolas Sarkozy sûr de lui et presque hilare. La grève du 29 janvier a retenti comme un gigantesque coup de pied à l'arrière-train de tous ceux qui s'imaginent que le peuple n'est pas en mesure de marcher un jour sur n'importe quel bâtiment pour en déloger un locataire indélicat. Faites attention, messieurs : quand on n'a plus rien à perdre, on a tout à gagner.
Saint-Lô : Sarkozy pète les plombs
Il a disjoncté. Ce n'est pas la première fois, on a déjà pu constater à quel point le Président peut être impulsif (le même Président qui avait dit à Ségolène Royal, quand il n'était encore que candidat, qu'être Président, ça demande de la réflexion et du calme), impulsif en traitant un de ses concitoyens de "pôv'con", impulsif en décrochant son téléphone pour faire interdire in extrémis la parution d'un livre sur sa femme (et désormais son ex, Cécilia).
On le savait paranoïaque : il n'a pas hésité à faire évacuer la totalité du centre ville de Nîmes, avec tireurs d'élite sur les toits, interdiction d'accès total (les gens qui étaient dans leurs maisons ne pouvaient pas en sortir, ceux qui étaient dehors ne pouvaient pas rentrer), le tout pour une visite éclair d'un musée et un discours sur la culture.
Mais son impulsivité semble chaque jour prendre un peu plus le pas sur sa réflexion. Ainsi, le Roi a déplacé son auguste personne jusqu'en la bonne ville de Saint-Lô, préfecture de la Manche. Or, quelle n'a pas été sa surprise de constater que, contrairement à Nîmes, personne n'avait pris soin de faire évacuer la ville pour assurer la sécurité de sa personne. Pire, des manifestants -oui, des manifestants !, s'étaient rassemblés, suffisamment près de l'auguste personne de sa majesté pour que celle-ci entende la foule le siffler. Le siffler !
Sitôt rentré en son palais, le Roi, laissant pour un temps les dossiers moins importants, comme le réchauffement climatique, le chômage grandissant, les entreprises exsangues, le déséquilibre politique au Moyen-Orient, le Roi prit alors sa plume, pour exiger que le préfet de la Manche soit sanctionné durement, pour avoir laissé la populace le siffler ainsi. Puis, après le préfet, voici que le directeur départemental de la sécurité publique a lui aussi été prié de faire ses valises.
Ah ça, on va leur apprendre à ces manants, à respecter le Roi ! Et encore, ils ont de la chance, les deux, là. Il y a de cela encore 200 ans en arrière, on leur aurait coupé la tête...
23 décembre 2008
Liberté : tu avances, tu recules...
Comment veux-tu, comment veux-tu ?
...et pendant ce temps-là, on continue à menotter les philosophes et les journalistes qui osent demander des explications aux policiers lorsque ceux-ci s'en prennent à un noir.
...on maintient en prison un jeune idéaliste et sa compagne, sans motif autre que celui de ne pas vouloir admettre qu'on les a enfermés pour rien, juste pour calmer les esprits et pour faire plaisir au Président de la SNCF. Ils ne seront probablement pas chez eux pour Noël, et ils seront bien entendu condamnés à de la prison, à hauteur de ce qu'ils auront été enfermés préventivement.
...Les français s'apprêtent à passer un noël morose et frileux, en se demandant s'ils auront encore du travail le mois prochain, en janvier 2009. Heureusement, certains français sont suffisamment épargnés par la crise pour pouvoir aller réveillonner au Brésil. On est bien contents pour Nicolas et Carla. J'espère qu'ils vont bien en profiter, parce que l'année 2009 sera sûrement difficile.
12 décembre 2008
La vieillesse est un naufrage
Sa majesté l'a décrété : Rama Yade est en disgrâce. Elle a osé désobéir au roi, elle doit payer la faute de lèse-majesté, par l'humiliation publique.
Et qui est l'exécuteur des basses-oeuvres, le bourreau de cette jeune femme, qui n'a eu comme seul défaut que de croire naïvement que Nicolas Sarkozy la faisait entrer au gouvernement pour d'autres raisons que sa négritude et sa beauté ? Bernard Kouchner.
Oui, Bernard Kouchner. Vous vous souvenez, ce socialiste, créateur de médecins sans frontières, que l'on voyait nagère, sac de riz sur l'épaule, nous expliquer avec la colère communicative, et force conviction, qu'il existait un "devoir d'ingérence" dans les affaires étrangères d'un pays, dés lors que les peuples souffraient, c'était lui.
C'était bien le même homme, qui vient hier de déclarer sans ciller, le doigt sur la couture du pantalon, en bon vassal, que les droits de l'homme n'ont rien à faire avec la politique étrangère (qu'il existe une "contradiction" entre les deux, ce qui revient au même.
La vieillesse est un naufrage, et même si certains comme Jean-Pierre Dubois, Président de la ligue des droits de l'homme, se réjouissent finalement plutôt de cette déclaration : «Depuis un an et demi, nous disons qu’un ministère des Droits de
l’homme est une mauvaise idée, car cela devient une réserve indienne,
un alibi. Que Kouchner s’en rende compte, même tard, c’est une bonne
nouvelle. Maintenant, il devrait se demander à quoi sert sa propre
nomination au Quai d’Orsay.», d'autres, comme le Président d'Amnesty International, Stephan Oberreit, soulignent que : «Quand il déclare qu’il y a une contradiction entre politique
étrangère et droits de l’homme, c’est choquant. Ce serait un retour à
la realpolitik effrayant."
Eh oui, c'est choquant, voilà. Mais c'est dans l'air du temps, d'officialiser ce qui est implicite. Les patrons de France Télévision ont toujours été sous la coupe de l'Elysée ? Eh bien, officialisons la chose : désormais, ce sera officiellement l'Elysée qui nommera les patrons de France Télévision. Les salariés sont réduits en esclavage par des employeurs, eux-même toujours taxés davantage par un état passoire, qui laisse couler l'argent entre ses doigts comme un enfant joue avec le sable ? Eh bien, officialisons l'esclavagisme : démolissons le droit du travail, autorisons le travail le dimanche, repoussons l'âge de la retraite jusqu'à 70 ans.
Encore que, quand on entend les pauvres déclarations navrantes de Bernard Kouchner, qui aura 70 ans l'année prochaine, on se dit qu'il devrait déjà être à la retraite depuis longtemps, et on se prend presque à être navré de le voir ainsi sabrer sa belle image du "french doctor". Car c'est avec l'image d'un vassal qu'il quittera les arcanes du pouvoir, et terminera sa carrière politique.
01 décembre 2008
Le secret du bonheur
Vous les connaissez, ces trois singes :
Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire, ...
C'est précisément l'esprit de l'excellente nouvelle de Franck Pavloff, Matin Brun.
C'est aussi l'esprit du poème de Martin Niemoller, que je vous reproduis ci-dessous :
Quand ils sont venus chercher les communistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n'ai rien dit, je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait personne pour protester...
Et c'est ce qui se passe aujourd'hui, avec les journalistes, qu'ils viennent chercher à 6 heures du matin, qu'ils menottent, qu'ils dénudent, qu'ils fouillent au corps, pour une simple petite affaire de diffamation, d'un propos tenu par un internaute sur un forum, pour laquelle Libération aurait déjà gagné, selon ses affirmations.
Alors, qui est responsable ? La juge Muriel Josié ? Non, tout au plus pourrait-elle être qualifiée d'incompétente, et si l'enquête détermine qu'il y a bien eu faute professionnelle, elle écopera d'une sanction disciplinaire, et pourra dire adieu à sa carrière. Les policiers ? Ils font ce qu'on leur dit de faire, personne ne leur demande de réfléchir. Ils sont au service du gouvernement. Le gouvernement ? Non. Les vrais responsables, c'est nous. Chaque fois que nous nous taisons, chaque fois que nous acceptons de voir les autres subir des injustices, et que nous faisons profil bas, en nous disant qu'on a bien de la chance que cela ne soit pas tombé sur nous, chaque fois, nous sommes responsables. Et nous en serons responsables devant nos enfants.
Notre destin est entre NOS mains, pas entre les mains du gouvernement.
Si nous ne disons rien, demain, c'est nous qu'ils viendront chercher.
28 novembre 2008
Probabilités
C'est simple, prenons un exemple concret pour illustrer notre propos : soit une élection au poste de première secrétaire du parti socialiste. La probabilité pour que chacune des deux candidates obtienne 50% des voix, est de 20%
Chacune des deux candidates obtient 50% des voix.
Soit un revote, des mêmes militants, pour les mêmes candidates : la probabilité pour que le pourcentage de voix attribué à chacune des deux candidates ne change pas, est à nouveau de 20%.
Exercice : calculer la probabilité qu'il y a bien eu bourrage des urnes au premier tour.
Conclusion : dés
lors qu'elle a été démontrée, la probabilité s'avère cohérente, et
proportionnelle à l'importance qu'on lui accorde, notamment dans le
cadre d'un sondage moyennement partial. Oui, je sais, ça ne veut rien dire. Mais j'aime bien quand même.