Enfumer tue

Billets d'humeur et réactions à chaud, face à l'actualité, grande ou petite, et aux petits mensonges ordinaires. Blog totalement PARTIAL.

25 octobre 2009

Selon que vous serez puissant ou misérable...

...les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Un policier, en excès de vitesse en ville, a renversé et tué un adolescent de 14 ans, Nelson. Il a été condamné à 1 an de prison avec sursis.

Une femme, en excès de vitesse en ville, a été arrêtée. Elle n'a tué personne. Elle a été condamnée à 18 mois de prison ferme.

Je n'ai même pas le courage de commenter, pensez ce que vous voulez.

Posté par Maldoror à 21:45 - Fumées noires - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 octobre 2009

La nausée

Ce matin, j'ai la nausée. Oh, ce n'est pas l'excès d'alcool, ni une sorte de maladie plus ou moins gastrique ou intestinale, non, c'est dû à ma consultation quotidienne des différents sites d'information en ligne.

Sur libération.fr, par exemple, j'apprends que la direction de M6 a censuré un reportage sur Mc Donald et KFC, qui filmait en caméra cachée les graves manquements à l'hygiène constatés chez Mc Do, et qui démontrait, preuves à l'appui, que les poulets estampillés "halal" chez KFC ne sont pas abattus selon le rite musulman.

Mc Donald avait vu le reportage, KFC également. Ce ne sont pas eux qui ont demandé à ce qu'il ne soit pas diffusé, c'est la direction de M6, toute seule comme une grande, qui a censuré ce reportage.

D'un côté, j'ai la nausée, en constant chaque jour que des gens, en ce moment, partout dans notre pays, qu'ils soient PDG, députés, ministres ou Présidents de je ne sais quelle inutile entité publique ou privée, essayent de plaire au roi, en piétinant toutes les règles de déontologie, de morale, d'éthique, d'humanité, que notre société avait établies, et qui avait fait de nous le "pays des droits de l'homme".

D'un autre côté, quand je constate que la France est le deuxième pays le plus rentable, après les Etats-Unis, pour Mc Donald, je me dis que les gens qui bouffent là-dedans, très cher et pas bon, n'ont que ce qu'ils méritent.

Bref.

La nausée, c'est également cette histoire absurde, inventée par un Nicolas Sarkozy ivre de victoire, de lecture d'une lettre qu'un jeune communiste de 17 ans, fusillé en 1941, a adressé a sa famille avant de mourir. Cette lettre est émouvante, mais n'a rien à faire dans un cours d'histoire consacré en général à un tout autre sujet que la seconde guerre mondiale. D'autant que Guy Moquet, qu'on se le dise une fois pour toute, n'a pas été fusillé comme Résistant. Il a été fusillé en tant que communiste, peu de temps après la rupture du Pacte Germano-Soviétique.

Comme disait en substance, le 22 octobre au matin sur France-Inter une enseignante intelligente (si, si, ça existe) : La lecture de cette lettre est censée exalter les valeurs de la résistance, et on demande à chacun de se plier, le petit doigt sur la couture du pantalon, et sans résistance, à cette consigne présidentielle. S'aplatir pour glorifier la résistance, il fallait y penser, Nicolas Sarkozy l'a fait.

Bref.

La nausée, c'est le roi qui exige qu'on revote au parlement, parce qu'un double champion olympique d'escrime aurait vu son doigt "riper" sur le mauvais bouton lors du vote de la surtaxe de 10% des profits bancaires.

C'est voté, ça ne convient pas au roi, on revote. C'est comme ça, maintenant, dans ce pays : on est un pays démocratique, alors on vote, et tant que le vote n'est pas conforme au souhait du roi, on revote. Ah, il est content le peuple, il vote, il est content. On a eu le traité de Lisbonne, on a eu HADOPI, maintenant on a la surtaxe des profits financiers.

Alors, évidemment, le gouvernement (oui, officiellement, il y a un gouvernement, dans ce pays, avec un premier ministre) a le droit de demander une seconde délibération, il n'agit pas hors la loi. Mais il agit au mépris du peuple, au mépris de la morale. Evidemment, de la part d'une femme qui fût classée 5e femme d'affaires européenne par le Wall Street Journal en 2002, il ne fallait pas s'attendre à trouver beaucoup de morale dans ses dictats de vote (oui, ce ne sont plus des consignes, maintenant, ce sont carrément des dictats, correspondant fidèlement aux oukases de Nicolas Sarkozy). Mais, ces banquiers, qui continuent à s'enrichir et manger gras, il va bien falloir s'occuper d'eux un jour, hein. Les lanternes parisiennes sont un peu tristes, en hiver, elles manquent de décorations. Comment ? vous voulez aussi pendre les députés ? Allons, allons, calmez-vous. Chaque chose en son temps.

Tout de même, quelle belle démocratie, comme vous devez être bien contents, peuple, populace, de vivre dans un si beau pays si démocratique !

Ah, un dernier petit détail qui vous fera rire, j'en suis sûr : Mr Jean-François LAMOUR, qui affirme que son doigt a "ripé", avait défendu cet amendement, comme le prouve le compte rendu de la séance du vendredi 23 octobre 2009. (faites une recherche sur "lamour", vous tomberez directement dessus).

C'est donc bien le fait du roi, cet amendement n'a pas été voté "par erreur".

Bref.

La nausée, c'est ces afghans, renvoyés par charter dans un pays en guerre, par un ministre de l'immigration d'un pays qui fut, jadis, celui des droits de l'homme. Comme le disait l'excellent chroniqueur François Morel, un vendredi matin sur France-Inter, Ericbessonner est devenu un verbe, synonyme de trahir :

j'ericbessonne
tu ericbessonnes
il, elle ericbessonne
etc..

Evidemment, cet homme est un traitre sans états d'âme, et je pense que lui demander de faire preuve d'humanité, c'est comme demander au vautour d'épargner l'enfant qui va mourir. Comment pourrait-il l'épargner, puisqu'il est un vautour ? La nature l'a faite vautour, il se comporte en vautour.

Eric Besson, la nature l'a fait traitre et sans âme ni morale, il se comporte en traitre sans âme ni morale. C'est un Frédéric Lefebvre en plus fourbe, parce qu'il dissimule son instinct de tueur derrière une couche de vernis poli, quand le porte parole de l'UMP sort directement la mitrailleuse pour vomir sa bile dés que le roi le lui demande. L'un est un porte flingue, l'autre un tueur à gages.

Voilà, ce matin j'ai la nausée, et je préfèrerais vraiment que ce soit à cause d'une bonne cuite...

Posté par Maldoror à 13:56 - Fumées noires - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 octobre 2009

Les arabes, c'est pas des pédés !

Une équipe de Créteil, composée de musulmans pratiquants, a refusé de jouer contre une équipe parisienne, composée d'homosexuels. Voir ici.

C'est formidable. Moi qui n'aime ni les arabes, ni les juifs, ni les pédés, ni les américains, je vais enfin pouvoir envoyer un mail à tous mes collègues, noirs, UMP, et autres gouines, pour leur dire tout le mal que je pense d'eux, et que compte tenu de mes convictions, il ne m'est pas possible de continuer à collaborer davantage avec eux.

Ah, ce que j'aime ce climat décomplexé, ces temps-ci !

Posté par Maldoror à 19:47 - Fumées noires - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 mars 2009

La colère

La colère est un péché. Capital. Alors, lorsque la dite colère est précisément dirigée contre le capital, et ses représentants, on ne peut que s'interroger sur l'ironie de cette situation : partout, des capitalistes licencient des salariés tout en affichant des bénéfices. Partout, des salariés commencent à retenir en otage, dans leurs bureaux, des capitalistes, en exigeant un partage des richesses.

N'y-a-t-il donc que moi pour voir que c'est un grondement sourd qui monte de la masse populaire ? Suis-je donc le seul à percevoir l'énorme danger potentiel que représente la non-prise de position claire du gouvernement vis à vis des patrons ?

Nicolas Sarkozy parle, mais il n'agit pas. Les patrons sont libres, toujours. Quid de la retraite de Daniel Bouton, PDG de la Société Générale ? Nicolas Sarkozy avait souhaité sa démission, mais il n'a pas démissionné.

Nicolas Sarkozy pourrait aussi s'offusquer de sa retraite, mais il la touchera quand même. Nicolas Sarkozy n'a aucun pouvoir sur le domaine privé, lui le sait, Daniel Bouton le sait, mais ce qui a changé, c'est que maintenant, les français aussi le savent.

Les français, qui ont déjà montré par le passé qu'en l'absence d'un gouvernement capable de prendre les bonnes décisions au bon moment, en période de crise extrème, ils savaient se substituer au gouvernement, et prendre les décisions eux-même.

Je ne souhaite pas que nous en arrivions là, mais ouvrons tous les yeux : comme aux échecs, si le gouvernement ne conserve pas un coup d'avance, il va se retrouver sur une position défensive, très difficile à tenir.

Il a tiré les noirs, ce n'est pas pour ça que la partie est perdue, mais elle sera difficile à jouer, et chaque période de vacances au Brésil, au Mexique ou ailleurs, du couple présidentiel, chaque patron qui annoncera des licenciements en même temps que des bénéfices, chaque trader qui viendra travailler une journée en France pour toucher 6000€ de chômage par mois, chaque banquier qui refusera un crédit à un travailleur ou à un petit patron de PME, fera perdre l'avance aux noirs, et donnera aux blancs l'occasion de placer ses pièces.

La diagonale du fou est infernale, d'autant que chaque partie a un fou blanc, et un fou noir.

Blanc, noir, aucune allégorie. Juste une partie très serrée. Et je ne suis pas le seul à entrevoir une fin très difficile à cette partie.

Si les gouvernements, au niveau mondial, ne prennent pas les décisions nécessaires au G20, plus personne ne croira en eux. La confiance définitivement évanouie, ne restera plus que la colère. Alors, il y aura du sang, de la sueur, et des larmes...

Posté par Maldoror à 20:53 - Fumées noires - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mars 2009

Le crime de Benoît 16

Jean-Paul II était allé en Afrique, très souvent, martelant à chaque fois le même discours, qui allait totalement à l'encontre des efforts des associations humanitaires sur place : "il ne faut pas utiliser le préservatif, il faut s'abstenir".

Les noirs, qui sont très croyants et très respectueux des interventions du pape, lui ont donc obéit, et n'ont pas mis de préservatif. Mais ils ont continué à être polygame, décimant ainsi leur propre continent avec les encouragements de notre regretté pape, qui a sur les mains le sang de centaines de milliers de victimes du sida en afrique.

benoît 16 (je ne me fatigue pas avec les majuscules) devait sans doute être jaloux de cette performance de Jean-Paul II, il a donc décidé de frapper encore plus fort : sur la terre africaine, non seulement il a assuré que le préservatif n'aidait en rien à protéger du sida, mais qu'au contraire, il ne pouvait que l'aggraver.

Gageons que d'autres centaines de milliers d'africains vont mourir à la suite de ces nouvelles déclarations. Je souhaite seulement que ce vieil homme vive suffisamment longtemps pour qu'on puisse lui tatouer le bilan en victimes humaines de son intervention désastreuse, sur le cul, en guise de message au tout puissant.

Posté par Maldoror à 06:46 - Fumées noires - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 février 2009

Gazobamasocialismanifesanctionpolitique

Ca fait longtemps que je n'ai pas posté. Je n'étais pas malade, ni en voyage à l'étranger. J'étais fatigué. Fatigué de voir mon pays devenir le nid de l'intolérance, sous les coups de butoirs répétés de Brice Hortefeux, téléguidé par Nicolas Sarkozy. Je n'aime pas que les noirs et les arabes, clandestins ou pas, se jettent du 4ème étage d'un immeuble, dans mon pays, pour échapper à la police de mon pays.

Fatigué d'assister à cette parodie de pouvoir législatif, avec un Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée Nationale, aux ordres, le doigt sur le couture du pantalon, l'oreillette bien assujettie, directement branchée avec l'Elysée ; un Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, lui aussi téléguidé par l'Elysée, lui aussi le doigt sur la couture du pantalon, lui aussi prêt à déclarer solennellement les pires insanités si Nicolas Sarkozy lui en fait la demande.

Si Nicolas Sarkozy le leur demandait, ces deux-là affirmeraient sans frémir que les noirs et les arabes sont la première cause de délinquance en France.

Et les députés socialistes qui boycottent la séance de questions au gouvernement. Et tout le monde s'en fout. Ils pourraient aussi bien défiler devant l'assemblée nationale avec une plume dans le cul en mangeant de la terre, les députés socialistes, que tout le monde s'en foutrait pareil. Tout le monde s'en fout, parce que Nicolas Sarkozy s'en fout, et qu'aujourd'hui, les petits chiens chiens politiques que sont les Coppé, Bertrand et autres Devedjian, aiment ce que Sarkozy aime, détestent ce que Sarkozy déteste, s'insurgent de ce contre quoi Sarkozy s'insurge, et ironisent sur les sujets dont le Président se moque.

Sarkozy est dangereux, mais sa cour, elle, est juste pitoyable.

Fatigué de voir mes compatriotes lentement se résigner, lentement se courber, lentement se soumettre. On leur interdit de boire, on leur interdit de fumer, on leur interdit ceci, on les oblige à cela. Et ils se soumettent, comme des chiens. Et quand on les fait descendre dans la rue, par millions, et que le pouvoir affirme qu'il a bien entendu les craintes du peuple, mais qu'il doit continuer des réformes difficiles mais nécessaires (traduction : foutez-vous vos banderoles au cul, tas de cons, on y est, on y reste), le peuple rentre sagement chez lui, se secoue un peu, et va se coucher dans son panier, au chaud.

Fatigué, oui. Mais pas au point de me taire.

Gaza : le massacre en toute impunité

Maintenant que les avions se sont posés sur leurs bases, que les chars sont repassés de l'autre côté de la frontière, et que les Palestiniens peuvent compter leurs morts, il faut le dire : les Israéliens se sont rendus coupables de crimes de guerre à Gaza, notamment en lançant des obus au phosphore blanc.

Bilan humain de la guerre de Gaza : 1315 morts côté Palestiniens, 13 côté Israéliens. Non, il ne manque pas un zéro. Les Palestiniens ont subi 99% des pertes humaines de cette guerre. Dont près de 500 enfants de moins de 18 ans. Je ne parle pas des hôpitaux, des écoles et des réserves de nourriture bombardés (y compris des bâtiments de l'ONU).

Ehud Olmert devra être traduit devant un tribunal pénal international, pour crime de guerre. Enfin si un jour quelqu'un s'intéresse au fait que les juifs massacrent les arabes, évidemment.

Obama : l'impossible espoir

La tâche qui attend le nouveau Président Américain est immense, démesurée, insensée. Et pourtant, il va falloir qu'il prenne les problèmes à bras le corps, un par un. Georges W. Bush lui a laissé un tas de ruines, qu'il va lui falloir reconstruire. L'économie, la puissance, l'image des Etats-Unis, Bush a tout flingué, en 8 ans, il a fait des Etats-Unis un pays dont plus personne ne demande seulement l'avis pour résoudre une crise mondiale comme celle de la Géorgie, par exemple.

Exsangues, les Américains vont devoir encore faire des sacrifices. Et comme si cela ne suffisait pas, on leur dit maintenant (alors qu'on leur affirmait le contraire du temps de Bush, mais l'ancienne administration américaine n'en était pas à un mensonge près), que le réchauffement climatique est irréversible, qu'il n'y aura bientôt plus de pétrole, qu'ils sont trop gros, trop pauvres.

Pauvres Américains, en effet. Et Obama va devoir fermer Guantanamo, retirer les troupes en Irak, repenser le déploiement des militaires américains en Afghanistan, redorer le blason de l'Amérique, notamment en reprenant la place qui est celle des Etats-Unis dans l'équilibre géopolitique mondial... Ses nuits vont être courtes, mais quand on entre dans l'histoire par la grande porte, on est tenu à un engagement de résultat.

Parti Socialiste : la déglingue

Ah, quel beau parti que nous avons là, quelle belle et forte opposition au gouvernement, et combien les nuits du Président Sarkozy doivent être agitées, en pensant au danger que représentent Martine Aubry et Benoît Hamon.

Ah ça, je crois que le résultat du congrès de Reims aura été au delà de nos espérances. Démoli, déglingué, descendu, flingué, ratatiné, ratiboisé, anéanti, brisé, il ne reste plus rien de ce parti, dont il serait logique que Martine Aubry soit la dernière secrétaire générale, et celle qui prononcera fort logiquement sa dissolution.

Manifestations : En France, quand il y a une grève, ça se voit

Les Français étaient très nombreux, dans la rue. Environ 1.7 millions, voire 2 millions (entre 1 million selon la police et 2.5 millions selon les syndicats, arrange ta cravate avec ça). "Ce n'est pas la rue qui gouverne", avait dit Raffarin. "Désormais en France, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit", avait affirmé le 5 juillet 2008 devant le conseil national de l'UMP un Nicolas Sarkozy sûr de lui et presque hilare. La grève du 29 janvier a retenti comme un gigantesque coup de pied à l'arrière-train de tous ceux qui s'imaginent que le peuple n'est pas en mesure de marcher un jour sur n'importe quel bâtiment pour en déloger un locataire indélicat. Faites attention, messieurs : quand on n'a plus rien à perdre, on a tout à gagner.

Saint-Lô : Sarkozy pète les plombs

Il a disjoncté. Ce n'est pas la première fois, on a déjà pu constater à quel point le Président peut être impulsif (le même Président qui avait dit à Ségolène Royal, quand il n'était encore que candidat, qu'être Président, ça demande de la réflexion et du calme), impulsif en traitant un de ses concitoyens de "pôv'con", impulsif en décrochant son téléphone pour faire interdire in extrémis la parution d'un livre sur sa femme (et désormais son ex, Cécilia).

On le savait paranoïaque : il n'a pas hésité à faire évacuer la totalité du centre ville de Nîmes, avec tireurs d'élite sur les toits, interdiction d'accès total (les gens qui étaient dans leurs maisons ne pouvaient pas en sortir, ceux qui étaient dehors ne pouvaient pas rentrer), le tout pour une visite éclair d'un musée et un discours sur la culture.

Mais son impulsivité semble chaque jour prendre un peu plus le pas sur sa réflexion. Ainsi, le Roi a déplacé son auguste personne jusqu'en la bonne ville de Saint-Lô, préfecture de la Manche. Or, quelle n'a pas été sa surprise de constater que, contrairement à Nîmes, personne n'avait pris soin de faire évacuer la ville pour assurer la sécurité de sa personne. Pire, des manifestants -oui, des manifestants !, s'étaient rassemblés, suffisamment près de l'auguste personne de sa majesté pour que celle-ci entende la foule le siffler. Le siffler !

Sitôt rentré en son palais, le Roi, laissant pour un temps les dossiers moins importants, comme le réchauffement climatique, le chômage grandissant, les entreprises exsangues, le déséquilibre politique au Moyen-Orient, le Roi prit alors sa plume, pour exiger que le préfet de la Manche soit sanctionné durement, pour avoir laissé la populace le siffler ainsi. Puis, après le préfet, voici que le directeur départemental de la sécurité publique a lui aussi été prié de faire ses valises.

Ah ça, on va leur apprendre à ces manants, à respecter le Roi ! Et encore, ils ont de la chance, les deux, là. Il y a de cela encore 200 ans en arrière, on leur aurait coupé la tête...

Posté par Maldoror à 13:37 - Fumées noires - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 décembre 2008

La vieillesse est un naufrage

Sa majesté l'a décrété : Rama Yade est en disgrâce. Elle a osé désobéir au roi, elle doit payer la faute de lèse-majesté, par l'humiliation publique.

Et qui est l'exécuteur des basses-oeuvres, le bourreau de cette jeune femme, qui n'a eu comme seul défaut que de croire naïvement que Nicolas Sarkozy la faisait entrer au gouvernement pour d'autres raisons que sa négritude et sa beauté ? Bernard Kouchner.

Oui, Bernard Kouchner. Vous vous souvenez, ce socialiste, créateur de médecins sans frontières, que l'on voyait nagère, sac de riz sur l'épaule, nous expliquer avec la colère communicative, et force conviction, qu'il existait un "devoir d'ingérence" dans les affaires étrangères d'un pays, dés lors que les peuples souffraient, c'était lui.

C'était bien le même homme, qui vient hier de déclarer sans ciller, le doigt sur la couture du pantalon, en bon vassal, que les droits de l'homme n'ont rien à faire avec la politique étrangère (qu'il existe une "contradiction" entre les deux, ce qui revient au même.

La vieillesse est un naufrage, et même si certains comme Jean-Pierre Dubois, Président de la ligue des droits de l'homme, se réjouissent finalement plutôt de cette déclaration : «Depuis un an et demi, nous disons qu’un ministère des Droits de l’homme est une mauvaise idée, car cela devient une réserve indienne, un alibi. Que Kouchner s’en rende compte, même tard, c’est une bonne nouvelle. Maintenant, il devrait se demander à quoi sert sa propre nomination au Quai d’Orsay.», d'autres, comme le Président d'Amnesty International, Stephan Oberreit, soulignent que : «Quand il déclare qu’il y a une contradiction entre politique étrangère et droits de l’homme, c’est choquant. Ce serait un retour à la realpolitik effrayant."

Eh oui, c'est choquant, voilà. Mais c'est dans l'air du temps, d'officialiser ce qui est implicite. Les patrons de France Télévision ont toujours été sous la coupe de l'Elysée ? Eh bien, officialisons la chose : désormais, ce sera officiellement l'Elysée qui nommera les patrons de France Télévision. Les salariés sont réduits en esclavage par des employeurs, eux-même toujours taxés davantage par un état passoire, qui laisse couler l'argent entre ses doigts comme un enfant joue avec le sable ? Eh bien, officialisons l'esclavagisme : démolissons le droit du travail, autorisons le travail le dimanche, repoussons l'âge de la retraite jusqu'à 70 ans.

Encore que, quand on entend les pauvres déclarations navrantes de Bernard Kouchner, qui aura 70 ans l'année prochaine, on se dit qu'il devrait déjà être à la retraite depuis longtemps, et on se prend presque à être navré de le voir ainsi sabrer sa belle image du "french doctor". Car c'est avec l'image d'un vassal qu'il quittera les arcanes du pouvoir, et terminera sa carrière politique.

Posté par Maldoror à 07:03 - Fumées noires - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 décembre 2008

Le secret du bonheur

Vous les connaissez, ces trois singes :

3singes

Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire, ...

C'est précisément l'esprit de l'excellente nouvelle de Franck Pavloff, Matin Brun.
C'est aussi l'esprit du poème de Martin Niemoller, que je vous reproduis ci-dessous :

Quand ils sont venus chercher les communistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n'ai rien dit, je n'étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait personne pour protester...

Et c'est ce qui se passe aujourd'hui, avec les journalistes, qu'ils viennent chercher à 6 heures du matin, qu'ils menottent, qu'ils dénudent, qu'ils fouillent au corps, pour une simple petite affaire de diffamation, d'un propos tenu par un internaute sur un forum, pour laquelle Libération aurait déjà gagné, selon ses affirmations.

Alors, qui est responsable ? La juge Muriel Josié ? Non, tout au plus pourrait-elle être qualifiée d'incompétente, et si l'enquête détermine qu'il y a bien eu faute professionnelle, elle écopera d'une sanction disciplinaire, et pourra dire adieu à sa carrière. Les policiers ? Ils font ce qu'on leur dit de faire, personne ne leur demande de réfléchir. Ils sont au service du gouvernement. Le gouvernement ? Non. Les vrais responsables, c'est nous. Chaque fois que nous nous taisons, chaque fois que nous acceptons de voir les autres subir des injustices, et que nous faisons profil bas, en nous disant qu'on a bien de la chance que cela ne soit pas tombé sur nous, chaque fois, nous sommes responsables. Et nous en serons responsables devant nos enfants.

Notre destin est entre NOS mains, pas entre les mains du gouvernement.

Si nous ne disons rien, demain, c'est nous qu'ils viendront chercher.

Posté par Maldoror à 20:46 - Fumées noires - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 novembre 2008

Le renouveau

Je ne me suis pas exprimé sur la saga du Parti Sabordé. Je pense que ce parti a fait tout ce qu'il était politiquement, humainement et légalement (ou non ?) possible pour flinguer Ségolène Royal, et l'empêcher d'accéder au poste de 1er secrétaire du Parti. Jusqu'à aller chercher une maire de Lille qui ne demandait qu'à rester dans son trou, peinarde, et à inaugurer les monuments aux morts et les manifestations culturelles.

Pour contrer une femme, il fallait une femme. Certes, mais ils auraient au moins pu faire monter au créneau Elisabeth Guigou, ça aurait eu un peu plus d'allure, mais bon...

Ceci étant, il y en a deux, dont le silence a été aussi assourdissant que révélateur, dans ce... cette... cacophonie. L'un d'eux est Dominique Strauss-Khan. Il ne s'est pas exprimé, en raison de son devoir de réserve, eu égard à son poste de directeur général du FMI. Mais surtout, il est à l'origine de ce bordel, puisque c'est très vraissemblablement lui qui a parachuté la maire de Lille pour contrer Delanoë, et l'empêcher d'accéder au poste de 1er secrétaire.

Delanoë, qui est à ce jour LE grand perdant de ce scrutin. Grace à qui ? Grace à Martine Aubry. Pilotée par qui ? Par DSK soi-même.

L'autre, c'est Laurent Fabius. Vous l'avez entendu, quelque part, s'exprimer sur l'élection du 1er secrétaire ? Vous l'avez lu ? Rien, nada, queue d'alle : silence assourdissant.

Il est comme l'araignée dans sa toile : il attend. Il n'a plus qu'une seule chance, avant d'être définitivement classé dans les dinosaures, alors il attend : ni pour, ni contre, bien au contraire.

DSK, Fabius, Aubry... Ah, ça, pour du renouveau, c'est du renouveau !

Posté par Maldoror à 07:14 - Fumées noires - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 novembre 2008

Merde à celui qui lira

Il circule en ce moment sur internet, un petit document en pdf. Ce document est fort savoureux à parcourir, puisqu'il s'agit des pages 1 à 4 sur 8 du Cahier des Clauses Techniques Particulières (non, non, ne partez pas, je vous jure que vous aller aimer !) d'un appel d'offre lancé par le Ministère de l'Education Nationale.

Thème de l'appel d'offre : VEILLE DE L'OPINION

Ah, je vous vois déjà dresser l'oreille. Attendez, attendez, lisez ce qui suit : l'appel d'offre vise à, je cite :

  • Identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents)
  • Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
  • Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau
  • Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation
  • Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)
  • Suivre les informations signifiantes dans le temps
  • Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires, audience, etc.)
  • Rapprocher ces informations et les interpréter
  • Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise 
  • Alerter et préconiser en conséquence

Suit le paragraphe 5.1.2, relatif aux sources surveillées :

La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)

Voilà, maintenant, chaque fois que vous lirez ce blog ou un autre (jusqu'à ce qu'on nous interdise, au nom de notre sécurité bien entendu, de noux exprimer), on pourra analyser vos réponses. Chaque fois que vous posterez sur un forum votre opinion sur les quenelles en boite Buitoni ou sur la politique gouvernementale, Sarkozy ou Buitoni seront alertés de vos propos, voire pourront les anticiper. Chaque fois que vous signerez une pétition en ligne contre le fichier Edwige, ou autre attentat caractérisé aux libertés individuelles, on pourra vous tracer. Chaque fois que vous posterez une vidéo parodique sur Carla Braun sur Youtube, on le saura, on pourra vous suspendre votre abonnement internet (oui, oui, vous vous souvenez, le gouvernement a voté ça, aussi, pendant que vous étiez occupés à vous interroger sur la pérénité de votre emploi précaire).

Voilà, vous pouvez reprendre une activité normale, le gouvernement veille sur vous, comme jamais encore il ne l'a fait.

Comment ? Ah, on me dit que ce n'est pas "Carla Braun". J'ai dû me tromper d'époque. A moins que ce ne soit le gouvernement qui ne se trompe, et ne se croit revenu en 1940 ?

Le pire, c'est que, comme d'habitude, personne ne dira rien. On pourrait aussi bien annoncer qu'on allait surveiller les juifs, les arabes ou les chômeurs, personne ne bougerait. Hortefeux fait un sommet sur l'intégration à Vichy (oui, à Vichy. Savoureux, n'est-ce pas ?), et personne ne s'en émeut. Une fonctionnaire dénonce une immigrée clandestine à la police, et personne ne s'en émeut. Le gouvernement met en place, avec VOTRE ARGENT, une politique sans précédent de fliquage des opinions, de VOS OPINIONS, et personne ne s'en émeut. On vous dit que les caisses sont vides pour vos salaires, et on donne 15 miliards aux banques, comme ça, d'un claquement de doigts, et personne ne s'en émeut.

Personne ne s'en émeut.

Un peuple qui est prêt à sacrifier un peu de sa liberté, contre un peu de sécurité, ne mérite ni l'une, ni l'autre.

Posté par Maldoror à 18:27 - Fumées noires - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »