10 novembre 2009
Enfumer tue...
...toute crédibilité.
J'entendais ce matin sur France-Inter, à propos de cette nouvelle affaire de révisionnisme (à ne pas confondre avec le négationnisme) consistant à se téléporter à Berlin le matin du 9 novembre 1989 à 9h, quand personne, même à Berlin, n'imaginait encore une seule seconde que le mur allait tomber, j'entendais, donc, qu'un proche de l'Elysée se plaignait que "maintenant, dés qu'on dit quelque chose, personne ne nous croit".
Ben oui. J'apprends ça à ma fille de 6 ans : "si tu continues à mentir comme ça, plus personne ne te croira".
Il a été élevé par des loups dans la forêt, Sarkozy ? Personne ne lui a appris qu'à force de mentir, tout le temps, à tout le monde, plus personne ne le croirait ?
Pour résumer ce qui se dit en ce moment sur la toile, Nicolas Sarkozy, c'est Forrest Gump !
Pour avoir un aperçu des promesses non tenues du candidat Sarkozy (promesses tenables en 2008 évidemment), vous pouvez lire cet excellent billet.
04 novembre 2009
Plus dure est la chute
Nicolas
Sarkozy drague Le Pen. Enfin, non, pas Le Pen, mais ses électeurs. Eh oui,
Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages, et les régionales
approchent. Alors, étant donné qu'à l'UMP, ils prennent toujours autant leurs
électeurs, et ceux des autres, pour des lapereaux de 6 semaines, ils se sont
dit, benoîtement, qu'ils allaient faire jouer la classique corde sensible de
l'identité nationale, de la tolérance zéro, du tout sécuritaire, bref, tous ces
arguments employés par un Nicolas Sarkozy décomplexé et sûr de lui, lors de la
campagne de 2007 (et déjà bien avant), et destinés à capter les voix du
Front National. Captation qui fut, reconnaissons-le, couronnée de succès.
Et allons-y ! A l'UMP, quant il s'agit de draguer à l'extrême droite, on ne
fait pas dans la demi-mesure.
C'est Nicolas Sarkozy qui (re)prononce un discours aux vieux relents
pétainistes, sur fond de "terre" et d'identité nationale, c'est Eric
Besson qui lance un "débat national" sur l'identité nationale, et
"qu'est-ce que c'est d'être Français", sur fond de marseillaise et de
drapeau tricolore, c'est Brice Hortefeux qui lance une idée inapplicable de
"couvre-feu" pour les mineurs déjà condamnés (mineurs pour qui la
carte d'identité n'est pas obligatoire, ce qui sera très pratique pour savoir
s'ils ont déjà été condamnés ou non), juste pour que le français moyen ait bien
peur...
Rien de bien nouveau dans ces grosses ficelles électorales. En fait, ce qui
m'agace tout de même un peu, c'est la propension qu'ont les médias à traiter
l'écume des vagues de l'actualité, au lieu de s'attacher au fond. Hortefeux
lance son idée de couvre-feu, tout le monde se jette sur le nonos pour bien le
ronger jusqu'au bout, hop un édito, vite, hey venez voir les gars, y a une
information qui va faire la une là ! Mais peu de journalistes poussent l'honnêteté
et l'étique jusqu'à souffler à leurs lecteurs que, non, rassurez-vous, ce n'est
qu'une basse manœuvre électorale, tout ceci est inapplicable et relève d'une
stratégie maintenant bien rodée, mais aussi bien érodée, mise au point bien
avant Nicolas Sarkozy, la stratégie du "contre-feu" et du ballon
d'essai. Couplé avec une œillade langoureuse aux électeurs d'extrême droite, le
coup aurait encore porté, il y a un an. Aujourd'hui, c'est un pétard mouillé, un plouf dans les toilettes.
C'est évident, ça tombe sous le sens, cela va sans dire ? Pas pour tout le monde. L'électeur du
Front National est très "1er degré", en général. Et ça, nos
"journalistes politiques" (je mets des guillemets, hein) ne
l'ignorent pas. Pour autant, ils publient, sur papier, sur internet, à la
radio, à la télévision, des commentaires sur cette idée loufoque et
inapplicable, ils s'interrogent sur la faisabilité de la chose, sur l'aspect légal, moral, au lieu de
souligner la vraie information importante, cachée derrière cet écran de fumée :
Nicolas Sarkozy est en mauvaise posture pour les élections régionales, les
électeurs du FN ne lui font plus confiance (-10%) et les électeurs de l'UMP, de
moins en moins (-9%). Il s'agite, Nicolas Sarkozy, il s'évertue, il se défend,
contre l'opposition, mais surtout en ce moment, contre sa propre majorité. Fillon qui tacle Guaino, Raffarin qui mène la fronde au Sénat, père, gardez-vous à gauche, père, gardez-vous à droite ! Il a perdu la
confiance de ses électeurs, il a perdu la confiance de son parti, il est le
capitaine d'un bateau qui prend inexorablement l'eau, sous les coups de hache
répétés qu'il a lui-même assenés à la coque, à grands coups de décisions
unilatérales prises un matin dans sa salle de bain (la suppression de la
publicité sur les télévisions du service public), et d'obstination confinant à
l'autisme (la taxe professionnelle, Jean Sarkozy, le paquet fiscal, le refus
d'admettre que oui, les impôts vont exploser dans les années à venir, parce
qu'il faudra bien que quelqu'un la paye, la crise).
Nous entendons les craquements d'un mode de gouvernance qui s'émiette et s'étiole, qui a atteint ses limites et risque à tout moment l'implosion, et à la veille de fêter les 20 ans de la chute du mur de Berlin, ma foi, c'est plutôt une bonne nouvelle.
31 octobre 2009
Le nouveau scandale du sang contaminé
Chronique d'un scandale sanitaire annoncé. Ce qui deviendra, dans quelques temps (mois ? années ?) l'affaire du vaccin contre la grippe A, est d'ores et déjà une sordide et très ordinaire histoire... de gros sous ! Eh oui, comme pour le sang contaminé par le virus du sida, ce sont des considérations financières qui ont conduit l'Etat français a commander, dans des conditions financières opaques (et qu'il refuse de dévoiler pour l'instant), auprès de 4 laboratoires, 94 millions de doses d'un vaccin fait à la va-vite, avec des adjuvants dont on ignore totalement l'effet secondaire potentiel, pour lutter contre une pandémie dont la mortalité est d'un cas sur dix mille, environ, soit largement inférieure à celle de la grippe saisonnière.
Alors, ça, c'était la première connerie, elle est signée Roselyne Bachelot, notre toujours "Ah bon ?" ministre de la santé.
Maintenant, ces vaccins, ils ont été achetés, et payés par le contribuable français. Il va falloir en faire quelque chose, parce qu'ils seront périmés dans 18 mois, et que jeter 658 millions d'euros à la poubelle, en ce moment, ça passera mal auprès du contribuable. Alors, on va faire quoi ? Parce que seuls 17% des français se déclarent prêts à se faire vacciner. Voyons, 17% de 60 millions, ça fait environ 10 millions de doses écoulées. Bien. Il en reste 84 millions. (Merci à Charlie Grogne, parce que je m'étais un peu planté en comptant les zéros. Faut dire qu'en ce moment, les zéros, y en a tellement, qu'on en oublie toujours un quelque part).
Si le gouvernement prend une décision quelconque de vaccination obligatoire pour telle ou telle catégorie de la population française, au risque qu'une partie d'entre eux développent une affection secondaire grave, voire mortelle, ce sera de l'empoisonnement volontaire, pur et simple. Et personne ne pourra dire "responsable, mais pas coupable", car nous savons tous qu'ils savent.
Rappelons à l'appui de ces propos, qu'en terme d'effets secondaire, Glaxo Smith Kline (GSK) refuse de divulger les informations
relatives à la pharmacovigilance, c'est à dire les effets indésirables
(ou secondaires, NDLR).
A ce jour, la seule solution pour Roselyne Bachelot, consiste à avouer franchement son erreur, et à démissionner.
14 septembre 2009
Fadela Amara : Ni pute.
Fadela Amara a apporté son soutient à Brice Hortefeux, après la vidéo montrant ce dernier, faisant une plaisanterie qui aurait davantage sa place au comptoir d'un bistrot de province, que dans la bouche d'un ministre de l'intérieur.
Bien sûr, Brice Hortefeux nous assure qu'il parlait des auvergnats, puis il nous dit qu'il parlait des photographies, parce qu'il en avait fait beaucoup et qu'il était fatigué.
Bien sûr, Brice Hortefeux a procédé, lors de son passage au ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire, à l'expulsion de 30000 clandestins, quand on ne lui en demandait "que" 27000.
" Brice Hortefeux "a de l'humour", a déclaré vendredi la secrétaire d'Etat à la Ville
Fadela Amara après les propos ambigus du ministre de l'Intérieur sur un
jeune militant UMP beur diffusés dans une vidéo sur internet.
"Peut-être
que Benoît Hamon ferait mieux de s'occuper des fraudes au PS", a dit
Mme Amara, interrogée lors d'un déplacement en Seine-et-Marne.
Le
porte-parole du Parti socialiste s'était demandé jeudi ce que faisait
"encore au gouvernement" le ministre de l'Intérieur après des propos
"honteux et inqualifiables".
"Brice Hortefeux a de l'humour", a-t-elle ajouté."
Mme Amara a, semble-t-il, bien appris la leçon politique, elle est arrivée à ce qu'elle cherchait à avoir, depuis toujours : du pouvoir. Pour cela, elle s'est soumise. Nicolas Sarkozy a décidément du flair pour recruter les bonnes personnes, c'est un point qu'on ne peut pas lui contester.
30 août 2009
La cigarette en volant
Bon, évidemment, je ne pouvais pas mettre ça ailleurs que dans la catégorie "Enfumées, enfumés". Alors le débat sur la cigarette au volant me fait beaucoup rire, voilà. Mais jaune. Parce que, quand on y regarde de plus près, derrière cette petite amende de 22€ pour "défaut de maitrise de son véhicule", infligée sur la base de l'alinéa II de l'article R. 412-6 du Code de la route, nous voyons bien se dessiner un état policier, protégé par un gouvernement qui tient un discours de répression et de sécuritarisme et fait voter régulièrement des lois toujours plus contraignantes et liberticides. Point n'est besoin d'avoir été longtemps à l'école, pour voir que c'est une petite dictature qui, lentement, se met en place.
Les policiers ne s'étaient jamais sentis aussi sûrs d'eux et protégés depuis le passage de Charles Pasqua au ministère de l'intérieur.
Gardes à vues arbitraires, amendes fantaisistes, poursuite en justice de ceux qui aident les sans-papiers... Ca sent pas bon, hein ?
Citoyens, on vous enfume, et quand la fumée sera dissipée, ce sera trop tard.
08 avril 2009
Paradis Fiscaux : succès du G20 !
Et voilà, la liste noire est vide.
Souvenez-vous, le 2 avril 2009, la liste noire était publiée. Elle était constituée des pays suivants :
- Costa Rica,
- Malaisie,
- Philippines,
- Uruguay
Ce sont les "pays qui ne collaborent pas avec d’autres en cas d’enquête fiscale et qui ne cherchent pas à suivre les normes internationales sur la transparence".
Bien, le G20. Bravo, les chefs d'Etats qui s'autocongratulaient au lendemain du G20, se félicitant d'avoir si rapidement et si aisément sauvé le monde. Obama, Sarkozy, Brown, tous s'attribuaient la victoire. On allait en finir avec les paradis fiscaux. Ah, ils allaient voir de quel bois ils se chauffent, les Philipines et autres Luxembourg !
Effectivement, on a vu.
Le 4 avril 2009, l'Uruguay a promis la transparence et l'échange d'informations en matière fiscale. Il a été immédiatement sorti de la liste noire.
C'est un peu comme si votre banque vous retirait de la liste rouge des mauvais payeurs, en recevant un simple courrier de vous, les informant de votre promesse de rembourser rapidement vos dettes. Vous n'y croyez pas une seconde, n'est-ce pas ? Moi non plus.
Aujourd'hui, 6 jours après la publication de cette "liste noire", c'est terminé. Elle est vide. Les quatre pays ont "promis la transparence et l'échange d'informations en matière fiscale". Voilà, le gentil banquier du G20 a reçu un courrier de ses débiteurs, l'informant de leur promesse de rembourser leurs dettes, et il les a sortis de la liste rouge. Il est gentil, le banquier du G20. Plus gentil qu'un vrai banquier.
Bon, évidemment, il reste la liste grise, sur laquelle figurent tous les autres pays, des Îles Cayman à la Suisse, en passant par Monaco, etc.. Ah, ceux-là, ils sont tranquilles, ils ne sont pas sur la liste noire. Et nul doute que leur placement sur une "liste grise" va dissuader les entreprises et les particuliers d'aller y ouvrir des comptes numérotés.
Ah ça, quel succès que ce G20 ! Vous pouvez dormir tranquilles, braves gens. S'il vous plait.
12 mars 2009
Procès Colonna : Une affaire d' Etat
Si l'assassinat du préfet Erignac était scandaleux et révoltant, le procès du berger Corse ne l'est pas moins. Résumons, qu'avons-nous dans ce futur scandale judiciaire d'Etat en devenir ?
* des témoins qui se rétractent, qui se contredisent, qui ne reconnaissent pas l'accusé
* un coaccusé qui s'accuse d'être le tireur
* des avocats qui demandent une reconstitution pour vérifier que le "petit coin sombre" dans lequel aurait été "tapi" Yvan Colonna existe bel et bien dans cette rue Colonna-d'Ornano, à Ajaccio
* un berger Corse qui clame son innocence
Et en face, nous avons quoi ? Une cour, qui juge l'assassin présumé d'un préfet, assassin que Nicolas Sarkozy a fait arrêter l'avant-veille du référendum local sur la réorganisation administrative. Colonna, qui fût arrêté le 4 juillet 2003, avec un référendum organisé le 6 juillet. Alors qu'il était en "cavale" depuis 4 ans.
Une cour, qui entend des témoins affirmer qu'ils ne reconnaissent pas l'accusé. Une cour, qui entendent les témoins parler de deux hommes sur place, et non trois. Une cour, qui entend un autre homme que Colonna s'accuser d'être le tireur. Une cour, qui demeure inflexible, qui refuse de se déplacer pour une reconstitution. Que craint-elle de découvrir, sur place ? La vérité ?
Maintenant qu'il a fait 6 ans de prison déjà, et qu'on tient un coupable bien venu pour l'opinion publique et pour tout le monde, du reste, cela m'étonnerait beaucoup que ce procès ne soit pas "joué d'avance", comme le proclament ses avocats.
Mais le pire, finalement, s'il était effectivement innocent, ce serait pour la famille du préfet Erignac : en croyant punir l'assassin de Claude Erignac, elle se tromperait, et défoulerait sa colère sur un homme qui serait innocent, en laissant peut-être en liberté l'homme qui tira 3 balles dans la nuque du préfet.
Aujourd'hui, l'affaire prend une tournure ubuesque, puisque, les avocats de Colonna et Colonna lui-même ayant décidé de quitter le procès pour ne plus s'y rendre, la cour a décidé de poursuivre le procès. Sans défense, sans accusé. Condamner, coûte que coûte. Vite.
Colonna est peut-être coupable, je l'ignore, et n'en préjuge pas. Mais une chose est sûre : innocent ou coupable, ce procès n'est pas juste. Et on en reparlera, au cours de l'autre procès, celui que l'histoire fera à nos "grands" actuels. Tout le monde doit un jour rendre des comptes, de son vivant ou pas.
15 novembre 2008
La Pravda vous informe
Vendredi soir, journal télévisé sur tf1. On nous explique que la France échappe de justesse à la récession, contrairement à ses voisins européens. Déjà, je dresse l'oreille, parce que moi, qui travaille dans une petite PME, je vois bien que ça ralentit méchamment, l'activité économique, et pour tout le monde. Et pour être en contact quotidiennement avec d'autres patrons de PME, je sais bien qu'eux aussi, sont très inquiets, et constatent un fort ralentissement de l'activité économique.
Vous savez, l'économie réelle, dont on nous disait qu'elle "risquait" d'être impactée par l'économie de marché.
Donc, je dresse l'oreille, et je suis très attentif à ce qu'on va me dire pour justifier que la France éviterait de justesse la récession, contrairement à ses voisins européens, lorsque Claire Chazal nous montre fièrement la carte suivante :
Et là, je me frotte les yeux, j'hallucine, je me trouve transporté en avril 1986, j'ai 20 ans, la plus grande catastrophe nucléaire de toute l'histoire de l'humanité vient de se produire, et voici ce que nous montre, déjà à l'époque, Antenne 2 :
Oui, frottez-vous les yeux, vous aussi, vous pouvez.
Ceci étant, en regardant la carte de la croissance positive en France (hi hi hi, je ris sous cape. Qu'est-ce qu'ils doivent bien rigoler, dans le cabinet de Christine Lagarde. Je suis sûr que le champagne coûle à flots, pour arroser la bonne blague qu'ils viennent de faire aux Français de la France d'en bas, de la France qui se lève tôt, bref, de la populace), en la regardant, donc, cette carte, on peut se faire plusieurs réflexions :
- Tout d'abord, on se souviendra que Nicolas Sarkozy voulait absolument nous vendre le modèle social et économique de nos voisins, en nous répétant à chaque interview, chaque intervention : "nos voisins le font, et ça marche très bien chez eux, M'ame Chabot. Alors, je voudrais qu'on m'explique pourquoi ce qui marche chez nos voisins ne marcherait pas chez nous ?"
Eh bien, Monsieur Sarkozy, vous avez l'explication : chez nos voisins, ça va mal, ils sont en récession, preuve que leur modèle économique et social est mauvais. Chez nous, nous évitons de justesse la récession, donc merci de bien vouloir remettre le modèle économique et social dans l'état où vous l'avez trouvé en entrant.
Ca s'appelle l'exception Française. Tchernobyl pour tout le monde, sauf pour nous. La récession pour tout le monde, sauf pour nous.
- Ensuite, il faut qu'ils aient sacrément peur de ce qui va se produire, pour tenter avec une si déconcertante naïveté de le cacher aux Français. Une si éclatante tentative de désinformation de masse, ne peut qu'être annonciatrice d'un évènement terrible, de masse également.
La vérité ? Oh, mais tous ceux qui travaillent dans le privé la connaissent : 33% des PME vont fermer en 2009, le chômage va faire un bond de 200%, pour atteindre 24% de la population française. Nicolas Sarkozy, qui a trouvé 15 milliards à donner aux riches, et 15 milliards à donner aux banques, nous expliquera avec un air navré que les caisses sont de plus en plus vides, et qu'il ne peut pas payer les chômeurs. François Fillon stigmatisera la situation, en expliquant qu'il faut durcire encore les conditions d'allocation chômage, et qu'il n'est pas normal qu'un tourneur-fraiseur à Clermont-ferrand refuse un emploi de caissière à Strasbourg. Et puis, contrairement à Tchernobyl, ça explosera APRES.
- Enfin, cette carte restera probablement dans les anales de l'enfume politique et médiatique, tout comme celle de Tchernobyl. Nos enfants la prendront en exemple, pour expliquer que, de droite ou de gauche, au 20ème siècle ou au 21ème, on nous prend toujours, toujours, pour des cons.
06 octobre 2008
Demain les chiens
Je me souviens avoir lu cet excellent roman d'anticipation de Clifford Donald Simak. Le monde était peuplé par les chiens, et ces derniers se racontaient des histoires au coin du feu, dans lesquelles, on évoquait l'existence d'humains, dans un temps très lointain. Les chiens étaient civilisés, éduqués, intelligents, et parlants.
Demain, les chiens ? Non, c'est aujourd'hui. Nous, peuple, populace, sommes des chiens. Comme des chiens, nous lêchons en frétillant et en remuant la queue, la main du maître, en mendiant un morceau du gras de canard qu'il n'a pas voulu finir, et qu'il nous jette à terre, dans un mouvement de dédain, sans même nous regarder, persuadé qu'il est, ce maître, que nous allons nous jeter sur le détritus pour le dévorer en le remerciant de nos yeux humides.
Nous, peuple, regardons nos maîtres, les gouvernants, les patrons, les banquiers, les financiers, les traders (j'y reviendrai, à ceux-là), s'empiffrer autour de la table, faire bonne chair, rire bien gras et fumer force cigares en tapotant le cul de leurs femmes dociles, chiennes qui mendient, non de la nourriture, mais des sacs à main et un peu de lumière, pour faire briller leurs joues trop fardées de créatures vaines et stériles.
Nous, peuple, regardons nos maîtres jouer avec notre argent, comme Chaplin jouait avec sa mappemonde dans "Le Dictateur", et lorsque le maître, affolé, se rend compte qu'il a mal joué, et que la mappemonde a crevé, et qu'il nous supplie de ne pas lui réclamer l'argent que nous lui avons confié, nous acceptons, encore confiants, les yeux toujours humides, nous levons nos bons yeux confiants vers le visage noyé de sueur du Maître, et nous obéissons. Heureusement, que nous, peuple, obéissons à notre Maître, parce que si nous lui réclamions, tous en même temps, l'argent que nous lui avions confié, il serait dans l'incapacité de nous le rendre.
Rappelez-vous, les caisses vides. Comment nous, peuple, pouvons-nous imaginer une seconde qu'un Etat aux caisses vides, qui est contraint de taxer les assurances-vies pour financer le RSA, va pouvoir garantir à chaque épargnant Français la somme minimale de 70000 € ?
Clifford Donald Simak avait imaginé un monde de chiens, sans hommes. Il avait tort : il reste encore des hommes, pour promener les chiens, les tenir en laisse, et leur jeter les reliefs de ses repas de riche.
Allons, peuple, allons travailler plus pour gagner plus, allons sagement au travail demain matin, comme hier, puis rentrons gentiment, demain soir, à la niche. Le Maître veille sur notre avenir, ayons confiance, et gardons les yeux bien humides.
A moins que, parmi la meute, ne se trouvent quelques pit-bull, qui se décident, un jour, à mordre violemment la main qui leur flatte l'échine ?
04 octobre 2008
L'argent dette : pourquoi le système va exploser
Le système va exploser. Vous ne le saviez pas ? Moi non plus, parce que, comme vous, je ne m'étais pas posé une simple petite question toute bête : vous, moi, nos gouvernements, nos entreprises, tout le monde est endetté. D'où vient cet argent, que nous prêtent les banques ? Si tout le monde est endetté, et à eu besoin d'emprunter de l'argent qu'ils n'avaient pas, qui a déposé suffisamment d'argent aux banques pour qu'elles puissent prêter des centaines de milliards de dollars aux pays, aux entreprises, aux milliards de citoyens, qui sont endettés ?
La réponse est simple, et vous la trouverez dans ce petit film d'à peine une heure, L'argent-Dette.
L'argent, qui représentait à l'origine une symbolique d'une valeur existante (de l'or, ou n'importe quoi d'autre possédant une valeur intrinsèque, susceptible d'être échangé directement contre un bien ou un service), l'argent n'existe pas. L'argent que vous avez emprunté à votre banque pour acheter votre appartement, n'existait pas jusqu'à ce que vous signiez le contrat d'emprunt. C'est la banque qui a créé fictivement cet argent. Vous pensiez, comme moi, naïvement, que le banquier sortait l'argent de son coffre, en puisant dans l'argent que d'autres clients que vous y avaient déposé ? Vous aviez tort.
L'argent, en réalité, ne représente plus de la valeur, mais de la dette. Si tout le monde remboursait ses dettes au même moment, il n'y aurait plus d'argent. Mais cela ne se produira pas, car la dette augmente sans cesse, chaque seconde, et ne sera jamais remboursée, par aucun gouvernement.
Parmi les quelques questions que soulève ce film très intéressant, qu'il faut voir et faire circuler autour de vous, une m'interpelle : Puisque les gouvernements disposent du droit d'émettre de l'argent, pourquoi est-ce qu'ils choisissent d'emprunter l'argent dont ils ont besoin auprès des banques, en payant des intérêts, quand ils pourraient créer ce même argent, eux-même, sans intérêts ? La dernière fois que le gouvernement Français a émis de l'argent, c'était en 1973.
Visionnez ce film, comprenez comment se crée l'argent, et pourquoi vous êtes les esclaves de vos banques, ces mêmes banques qui pleurent en ce moment, en réclamant qu'on les sauve d'une mort méritée. Puis, je ne sais pas moi, mettez-vous à boire, ou créez autour de vous un SEL (Système d'Echange Local), ou encore votez à gauche. Non, à la réflexion, voter à gauche ne changera rien. Ils font pareil, tous.
Il y a bien longtemps qu'on n'a plus coupé la tête à un représentant du gouvernement, dans ce pays. Nos dirigeants ont pris l'habitude de notre passivité. Faudra-t-il que le peuple envahisse le parlement pour qu'on décide de changer le système actuel, qui est en faillite totale, et dont on voit bien qu'à la première estocade, il menace d'exploser, et de faire exploser le système monétaire mondial ?
"Nous sommes au bord du gouffre", disait François Fillon. Lui, sait très bien que cela va exploser, avec ou sans crise financière. Il espère juste que cela se fera lorsqu'il ne sera plus au gouvernement. Mais c'est loin d'être sûr.
Ah, autre chose, vous pouvez également vous rendre sur le site des banksters, ou vous pourrez retrouver cette même vidéo, et voir en temps réel évoluer le montant de la dette publique Française.
Vous pourrez également écouter cette petite analyse de Philippe Derudder en mp3, qui dit en substance la même chose : l'argent est créé à partir de rien par les banques privées, alors qu'il devrait être créé par les nations. De cet état de fait, découlent tous les autres problèmes : l'emploi, par exemple. D'un côté, nous avons des gens qui cherchent du travail, de l'autre nous avons des patrons qui cherchent des employés. Pourquoi est-ce si compliqué de trouver un emploi ? A cause du financement. Qui décide du financement ? Les banques privées.
Une banque met une seconde à créer cent mille euros. Si c'est si simple et si facile, pourquoi est-ce si difficile de trouver un crédit ? Parce que la banque, comme tout acteur privé, à un devoir de rentabilité, vis à vis de ses actionnaires. Donc, elle ne prête pas aux pauvres, qui présentent de gros risques de ne pas pouvoir rembourser le montant de leur emprunt. Et voilà pourquoi on ne prête qu'aux riches.
Le système va exploser, et si vous visionnez ce film, vous ne pourrez plus dire que vous n'étiez pas prévenus.

