Enfumer tue

Billets d'humeur et réactions à chaud, face à l'actualité, grande ou petite, et aux petits mensonges ordinaires. Blog totalement PARTIAL.

30 octobre 2008

Un juif dénoncé par une courageuse fonctionnaire de mairie

Ah, on me souffle dans l'oreillette que ce n'est pas un juif, mais une jeune femme équatorienne. Quoiqu'il en soit, je voudrais vous citer l'exemple de cette fonctionnaire de la mairie du V arrondissement de Paris, qui a eu la présence d'esprit, en voyant une jeune femme noire de 30 ans, venue inscrire son fils à l'école, de lui demander, et ce, alors que la loi ne le lui imposait absolument pas, si elle possédait un titre de séjour.

La fourbe nègre, ayant répondu par la négative, la courageuse fonctionnaire a alors poussé le civisme jusqu'à prévenir la police Française, laquelle a pu immédiatement convoquer la nègresse, en vu d'organiser rapidement son expulsion.

Je tenais à saluer le courage exemplaire de cette fonctionnaire Française, qui nous rappelle que certaines valeurs, dans notre beau pays, ne se perdent pas.

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19 octobre 2008

Brice Hortefeux ministre de race blanche

Une femme s'est immolée par le feu. Ca s'est passé dans notre beau pays démocratique, ici, en France. Ajoutons à ce fait divers dramatique, les autres faits divers quasi-hebdomadaires, qui mettent en scène des personnes plus ou moins régulières, et des policiers à cran, car contraints par la politique du chiffre, voulue par Sarkozy et mise en musique par Hortefeux, et nous voici dans un pays dans lequel, régulièrement, des immigrés, clandestins ou non, sont arrêtés devant les écoles, sous les yeux de leurs petits enfants, se défenestrent, s'immolent par le feu.

Brice Hortefeux pourra toujours dire, quand l'histoire le jugera, qu'il n'a fait qu'obéir aux ordres. C'est un argument bien rodé. J'espère tout de même qu'il aura la décence de faire ne serait-ce qu'un commentaire, sur le cas de cette femme, qui a donné sa vie, en choisissant une des pires mort qui soit, pour attirer l'attention des médias sur le cas de son compagnon. Fallait-il que cette femme se sente broyée par l'injustice et impuissante contre le système, pour choisir, à 60 ans, de mourir brûlée vive, en public.

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20 mars 2008

Il fallait tuer Chantal Sébire

Je le poste dans "Culpabilité", pour maintenir la cohérence dans cette suite inhabituelle de messages relatifs à un même sujet, mais j'ai une furieuse envie de le poster dans "fumées noires". Noires, les fumées qui occultent encore aux yeux de nos dirigeants, médecins et psychologues, prêchant tous plus ou moins pour leur paroisse, la vraie volonté du peuple Français, d'avoir un état qui autorise, comme en Suisse, l'euthanasie volontaire.

Mais tout d'abord, une photo de Chantal Sébire, cette femme qui disait "comment peut-on ne pas aimer la vie ?"

chantal_sebire

Faute d'avoir obtenu du gouvernement et de la justice, l'humanité qu'elle réclamait (il n'est qu'à se remémorer les propos crétins de Mme Boutin, qui parlait de considération "esthétique" pour évoquer la requête de Mme Sébire), Chantal Sébire va peut-être gagner son combat, post-mortem. Une mission d'évaluation de la loi de 2005 sur l'accompagnement des malades en fin de vie a été confiée à Jean Leonetti, à l'origine de cette loi, par le premier ministre, Monsieur François Fillon.

C'est bien, mais ce n'est pas suffisant. Ce n'est pas demain qu'un grand écrivain pourra, en France, demander à mettre fin à ses jours, pour ne pas finir sa vie en se bavant et en se déféquant dessus, alors qu'il aurait été un intellectuel renommé, conscient de ce qu'est la vie et la mort. Hugo Claus, en Belgique, a choisi de mourir, hier mercredi 19 mars 2008, alors qu'il n'était encore qu'au premier stade de la maladie d'Alzheimer. Il restera, pour la Belgique et pour ses proches, un grand écrivain, lucide, conscient, décidé, courageux. Personne n'aura besoin de lui changer ses couches en le regardant rouler des yeux dans le vague, le cerveau mangé par la maladie.

Que l'on me tue aussi, si je devais finir ainsi.

En attendant, il fallait tuer Chantal Sébire, parce que cela aurait été un signe fort de rupture de la part de la présidence Française. Mais la rupture est davantage visible, jusque là, dans les rolex, les croisières et les mannequins, que dans les vraies décisions courageuses et innovantes.

Diminuer les retraites, augmenter le travail, chasser les rmistes et les chômeurs, virer les immigrés en instituant des quotas, tout ça est normal et courageux. Mais autoriser une femme libre de 52 ans à mettre un terme à sa vie, ce n'est pas tolérable, c'est inhumain.

A 15 ans, j'aurais dit "monde de merde". Aujourd'hui, je dis juste que nos "élites", ou qui se prennent pour tel, courent en permanence après le peuple, qui avance plus vite qu'elles. Dépêchez-vous, messieurs les médecins, les psychologues, les notables, courrez, courrez plus vite, parce que le peuple ne vous attendra pas. Vous serez vite dépassés.

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14 mars 2008

Chantal Sébire : irrecevabilité de la requête ?

La requête de Chantal Sébire jugée irrecevable par le Procureur de la république de Dijon

Mais vous savez ce qui est le plus drôle ? C'est que Chantal Sébire a engagé des frais d'avocat pour cette procédure. Et lorsque l'on perd un procès, on doit payer les frais de justice...

Ah, décidément, quel monde merveilleux que celui de notre post-moyen âge.

Pour paraphraser Philippe Meyer, qui sévissait avec bonheur sur les ondes de France-Inter il y a de cela quelques années, "je vous souhaite le bonjour, nous vivons une époque moderne".

Madame Sébire, allez en Suisse. Vos enfants viendront avec vous, j'en suis sûr.

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Chantal Sébire, encore et toujours.

Elle ne lâche pas. Elle persiste. Elle a raison, et tout impuissant que je suis, anonyme derrière mon ordinateur, je la soutiens.

Chantal Sébire veut aller jusqu'au bout.

Ni les cris d'orfraie de Roselyne Bachelot, ni ceux de Rachida Dati, ne sauraient convaincre des Français déjà acquis à l'idée de la mort, et du suicide assisté.

Rama Yada ne se réfugie pas que derrière son visage angélique : elle se cache également derrière la convention européenne des droits de l'homme, qui mentionne explicitement le droit à la vie, pas à la mort.

On croit réver... L'homme, cet obscur cancrelat, qui se prosterne devant des statues de plâtre, nous affirme tout de go qu'on n'aurait que le droit à la vie, et non celui à la mort ? Mais l'homme n'a ni le droit de vivre, ni celui de mourir. Car ce n'est pas un droit, c'est un fait : l'homme est vivant, il n'est pas à l'origine de sa naissance, mais il pourrait bien être à l'origine de sa mort, par sa propension à polluer sa propre planète et à déféquer dans sa niche.

Une société humaine qui se suicide joyeusement au son des fanfares, et qui refuse à une femme qui souffre de partir dignement, entourée de sa famille, voilà ce qui est grotesque, voilà ce qui est scandaleux.

Mesdames Bachelot, Dati, Yade, redescendez sur terre, ne vous prenez pas pour autre chose que ce que vous êtes : des Chantal Sébire en puissance.

Nous sommes tous des Chantal Sébire.

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13 mars 2008

Euthanasie : Rachida Dati dicte leur conduite aux juges

Voilà. Rachida Dati a décidé. Elle a tranché, elle sait, elle a compris, elle est la justice, et les juges ne sont que ses faire-valoir.

C'est en tout cas ce qu'il faut retenir de son intervention de ce matin sur France-Inter, au cours de laquelle elle a déclaré, s'il faut en croire le site tf1.fr, que le juge du tribunal de grande instance de Dijon ne pourra que "rejeter sa demande" (d'euthanasie, émise par Chantal Sébire).

Merci madame Dati, merci d'éclairer ainsi notre chemin, et d'être la conscience de notre pays. Merci d'indiquer aux juges ce qu'ils doivent décider, et ne pas décider. C'est ainsi que fonctionne la séparation des pouvoirs en France : l'Etat dispose, les juges se conforment. Ou pas. Car c'est dorénavant au Président du Tribunal de Grande Instance de Dijon de décider : se plier sans réfléchir à la suprême volonté de sa supérieure hiérarchique (c'est bien ainsi que Madame Dati perçoit son rôle, puisqu'elle dicte leur conduite aux juges), ou résister, être humain, penser avec son cerveau, et non pas uniquement avec son code pénal, et se faire muter dans une province éloignée. J'ai foi en la volonté d'indépendance de nos juges, j'ai (encore un tout petit peu) foi en la justice en ce pays. Mais...

Madame Sébire, je vous renouvelle mon plus profond respect pour les sentiments humains que vous ressentez, et inspirez. J'espère qu'il se trouvera, quelque part, un médecin étranger, puisque la France n'est pas prête, pour vous prescrire le penthotal qui vous libèrera de vos souffrances.

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07 mars 2008

Il faut tuer Chantal Sébire

Il faut la tuer, parce que ce ne serait pas un meurtre, mais un acte humain, la décision d'une société évoluée, qui ne ferait pas passer avant ses principes humanitaires, des considérations religieuses d'un autre âge. Une société qui réagirait aux évènements avec la vision d'une société du 21ème siècle, non avec celle d'une société du 19ème.

Il faut tuer Chantal Sébire, parce qu'elle nous le demande, de toutes ses forces et de tout son courage. Et il en faut, du courage, à cette mère de famille de 52 ans, pour affirmer, entourée de ses enfants, qu'elle veut mourir.

Chantal Sébire est atteinte d'une maladie incurable et mortelle, qui la défigure et la fait souffrir atrocement. Elle ne veut pas qu'on la plonge dans un état semi-végétatif en attendant que son coeur lâche sans même qu'elle ne s'en rende compte. Elle ne veut pas s'en aller mourir loin de chez elle, en Suisse ou ailleurs, là où l'euthanasie est légalisée, là ou les sociétés ont évoluées. Elle veut mourir au milieu des siens, pouvoir leur dire adieu, partir entourée de ses enfants. Tous les français comprennent cela, tous les français soutiennent ce combat.

Elle souffre atrocement, elle sait qu'elle va mourir. Alors tuons-là. Monsieur le Président de la République Française, vous prônez la rupture ? Vous pensez vraiment être le président du 21ème siècle ? Vous pensez pouvoir tout faire ? Eh bien faites donc ceci : faites voter une loi qui autorise l'euthanasie volontaire en France. Monsieur le Président de la République Française, ne laissez pas votre intérêt pour votre électorat catholique réactionnaire primer sur votre volonté de faire entrer la France dans le 21ème siècle. Les Français, dans leur immense majorité, veulent que Chantal Sébire puisse mourir au milieu des siens.

Monsieur le Président de la République Française, je vous le dis, je vous l'affirme, je vous en conjure : pour notre salut à tous, pour notre société, pour nous-même, et pour elle, il faut tuer Chantal Sébire.



Mise à jour du 12 mars 2008 : Chantal Sébire, par l'intermédiaire de son avocat, a saisi la justice d'une "demande exceptionnelle d'euthanasie".

"Nous demandons simplement au magistrat de l'autoriser à s'endormir dans l'affection des siens" et de faire ainsi preuve "d'humanité"

Voir ici : http://tf1.lci.fr/infos/france/justice/0,,3775242,00-chantale-sebire-saisit-justice-.html

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02 août 2007

Mort d'un piaf

Ce soir, il m’a été donné d’assister à deux spectacles naturels, comme on en voit à la campagne, et qui, parfois, nous poussent à nous interroger sur la nature, sa force, son apparente cruauté, son étonnante intelligence. Pourtant, ce n’étaient que deux spectacles bien ordinaires, pas de quoi faire venir les caméras de télévision. De l’ordinaire.

***

Tout d’abord, en passant devant la fenêtre de ma cuisine, qui donne sur l’arrière de mon jardin, j’ai entendu un vacarme presque assourdissant. Des oiseaux, des centaines d’oiseaux, qui pépiaient à tue-tête. On devait probablement les entendre à des centaines de mètres à la ronde, cependant je n’étais qu’à 30 mètres environ. Je suis sorti dans le jardin, je suis allé vers la source du bruit, et j’ai vu les oiseaux. Ils étaient sur un fil électrique, trois fils en réalité. Et comme sur une autoroute à trois voies embouteillée un matin de départ en vacances, des centaines d’oiseaux étaient rassemblés sur quelques mètres, pépiant, voletant, changeant de fil. Les câbles étaient noirs d’oiseaux.

Je savais qu’ils allaient s’envoler, à un moment, tous ensemble, d’un seul coup, mus par un signal incompréhensible pour quiconque n’est pas un oiseau. Je le savais, et j’attendais. J’attendais de voir le signal.

Ca a duré plusieurs minutes. De temps en temps, je ne sais pourquoi, ils cessaient de brailler, le silence se faisait presque, puis cela reprenait. Impossible de savoir pourquoi ils avaient cessé, pourquoi ils avaient repris. Discutaient-ils de l’itinéraire ? Pourquoi pas ?

Quand ils ont pris leur envol, je n’ai rien vu de particulier. Ils étaient sur le fil, ils pépiaient, ils se sont arrêtés une demi-seconde, et ils se sont envolés, tous en même temps. Pas de signal audible, pas de chef, ils ont tous pris leur vol en même temps. Eux savaient, eux communiquaient, mais je n’ai rien compris à leur langage.

Comment comprendre ce qui nous dépasse ?

***

Plus tard, environ 15 minutes plus tard, j’ai à nouveau entendu des pépiements dans le jardin. C’était incessant, ininterrompu, cela prenait le crâne, et il me semblait impossible de ne pas chercher à savoir ce qui provoquait ce vacarme. J’ai à nouveau regardé par la fenêtre de ma cuisine, et j’ai vu mes deux chats. L’un d’eux jouait avec un oiseau qu’il avait attrapé. L’oiseau était bien vivant, et tentait de se débattre. Le chat le rattrapait, toujours. L’autre chat, accroupi dans l’herbe, observait la scène. Son frère, la proie. Il ne bougeait pas.

Mais le vacarme provenait du compagnon de l’oiseau (j’ai supposé que c’était une femelle que le chat avait chassée, car l’oiseau était le plus petit des deux), le compagnon de l’oiseau qui trottinait dans l’herbe, tournant autour du chat, cherchant à attirer son attention par ses sauts, ses cris. Il allait, il tournait autour du chat. L’autre chat ne bougeait pas, ni pour aller voler la proie de son frère, ni pour tenter de chasser l’autre oiseau. Il observait toute la scène. C’était réellement fascinant. Je pouvais sentir les tentatives désespérées de l’oiseau libre pour détourner l’attention du chasseur sur lui, et tenter de sauver sa compagne. Je les voyais. Il voletait, il se posait dans l’arbre, il descendait dans l’arbre, il criait. Il criait, vraiment. L’autre oiseau aussi criait, il criait de douleur, de détresse. De peur. Comme cela doit être terrible d’être pris dans les griffes d’un prédateur.

Il criait, et l’autre oiseau pépiait de plus belle. Le chasseur, parfois, délaissant sa proie, s’éloignait, s’approchait de l’autre oiseau, qui s’envolait. Le chat miaulait alors. On sentait son déchirement, entre son envie de terminer sa chasse, et la perspective d’attraper une nouvelle proie toute chaude et toute vive, cependant que l’autre oiseau s’essoufflait.

Cela a duré longtemps. 25 minutes, peut-être. Finalement, l’oiseau malchanceux, éreinté, ne bougeait plus. Il ne criait plus. Il attendait la mort comme une délivrance, plus qu’une fatalité. L’autre oiseau était parti. Lui savait que sa compagne était condamnée. Il avait fait son possible, tout son possible.

Le chat s’est éloigné. Je commençais à me dire que l’oiseau allait pouvoir se reposer, et mourir sans violence, au final. Parce qu’il allait mourir, de toutes façons. Mais l’autre chat, alors, a pris le relais. Il est venu poursuivre la chasse interrompue par son frère. Il a fait à nouveau sauter dans ses griffes l’animal blessé, il l’a forcé à faire entendre à nouveau des cris de détresse et de peur.

J’observais, me demandant combien de temps cela allait durer encore, avant que l’oiseau ne soit délivré de cette chasse cruelle et pourtant naturelle. Je m’interdisais évidemment d’intervenir. On ne contrevient pas aux lois de la nature.

Et puis, les deux chats se sont retrouvés. Ce sont de jeunes chats, pleins de vitalité, et ils se sont mis à jouer ensemble, se battant comme des chiffonniers, abandonnant la proie mordue, déplumée, mais toujours vivante, dans l’herbe.

Alors je suis sorti, et j’ai contrevenu aux lois de la nature. Je n’ai pas laissé l’animal agoniser, seul, dans l’herbe. Je suis allé vers lui, je me suis penché vers lui. Il était couché sur le flanc, il haletait. Il était littéralement sans souffle. Les chats l’avaient exténué. Je l’ai pris dans mes mains. Il a d’abord cherché à fuir, pensant que j’étais un autre prédateur. Il n’a pas essayé beaucoup, ni longtemps. Il gardait ce qui restait de ses forces pour respirer en me regardant.

Je l’ai emmené dans le creux d’un de mes cerisiers, et je l’ai déposé là. Il respirait, il ne bougeait pas. Je me disais qu’il allait mourir doucement, sans violence. S’éteindre comme une chandelle. Qu’il avait assez souffert, et qu’il avait enduré avec courage la loi de la nature. Les chats avaient abandonné la partie, j’intervenais juste pour lui donner du repos avant le grand départ. M’a-t-il pris pour un Dieu ? Me prenais-je moi-même pour Dieu, en intervenant ainsi dans ce combat naturel ?

Les chats se sont inquiétés de l’absence soudaine de la proie, ils ont miaulé, ils sont montés dans l’arbre. L’oiseau noir sur le tronc noir, le rendait presque invisible aux yeux des chats. J’ai mis un morceau de ciment, comme une toile de tente, au dessus de l’oiseau, pour qu’il ne soit pas redescendu de l’arbre par les chats. La farce était jouée.

Je suis allé lui caresser la tête, quelques fois. Il fermait doucement les yeux quand je le faisais. Je crois qu’il sentait que je ne lui ferais pas de mal. A l’heure à laquelle j’écris ces lignes, une heure après la fin de la bataille, il respire toujours. Il est calme, dans son arbre. Il attend la mort, mais il n’a plus peur.

Comment cet oiseau a-t-il compris que je ne lui voulais pas de mal ?
Comment comprendre ce qui nous dépasse ?

***

Dans cette deuxième petite histoire, ce qui m’a frappé, ce sont les valeurs que ces animaux, tous, ont affichées.

Le respect :

le respect du chat pour la proie de son frère. Pas une fois, pas une seule, il n’a tenté de voler l’oiseau chassé par son frère. Il observait, on sentait qu’il aurait voulu être le chasseur, mais pas une seule fois il n’a tenté de s’approprier la proie de l’autre. Il ne l’a fait qu’après que son frère ait abandonné sa proie.

La bravoure :

La bravoure du compagnon de l’oiseau malchanceux, qui a tourné, très près, autour des deux chasseurs, pour tenter d’attirer sur lui les chats, et sauver sa compagne.

L’endurance :

L’endurance de l’animal blessé à mort, qui souffrait, mais ne criait plus, dés qu’il s’est senti en sécurité. Il savait qu’il allait mourir, et cela devait lui sembler naturel.

Combien d’humains auraient respecté ces simples valeurs basiques ?
Les hommes croient que les animaux n’ont pas d’âme. En réalité, ce sont les hommes qui n'ont aucune valeur.

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15 mars 2007

Taurophilie ou zoomachie ?

Je n'aime pas la corrida. Je n'aime pas qu'on fasse du mal aux animaux. Même les araignées, je les aime pas. On a ses phobies. Mais je ne les écrase pas, parce que c'est tout de même un peu facile, moi, grand et fort, et elle, si fragile, créature si extraordinaire. De quel droit, moi, humain, j'écraserais un être aussi parfait ?

Bon, alors j'aime pas faire du mal aux bêtes. Et puis j'entends parler de zoophilie sur un forum. Forcément, je tend l'oreille. On affirme que la zoophilie est illégale. Ah ? me dis-je. Quelque part, ça me semble normal, mais voyons ce qu'on en dit, et notamment ce qu'en dit la loi. Je cherche, je trouve wikipédia, et je lis ça :


Le Code pénal de 1791, promulgué par la Constituante, a aboli les crimes de sodomie et de bestialité, grâce, notamment, aux positions des pénalistes classiques (Beccaria, Bentham...) et de manière totalement conforme à la Déclaration de 1789 que la même Assemblée avait proclamé : la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui (art. 4). La laïcisation du droit et la pensée libérale des révolutionnaires a conduit naturellement à dépénaliser les comportements homosexuels et zoophiles. Napoléon, dans son Code pénal de 1810, a confirmé cette dépénalisation. Au cours des XIXe et XXe siècle, les juridictions pénales ont pu condamner des actes zoophiles violents, sur le fondement des actes cruels ou des mauvais traitements envers les animaux de compagnie ou apprivoisés (seuls protégés).

Jusqu'en mars 2004, aucune loi ne punissait la bestialité sauf dans le cas où l'animal subissait des sévices graves.

La loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité, ajoute la précision « ou de nature sexuelle » à l'article 521-1 du code pénal.

Article 521-1 :

« (Loi nº 94-653 du 29 juillet 1994 art. 9 Journal Officiel du 30 juillet 1994) (Loi nº 99-5 du 6 janvier 1999 art. 22 Journal Officiel du 7 janvier 1999) (Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002) (Loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 Journal Officiel du 10 mars 2004)

Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves ou de nature sexuelle ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. À titre de peine complémentaire, le tribunal peut interdire la détention d'un animal, à titre définitif ou non.

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie.

Est punie des peines prévues au premier alinéa toute création d'un nouveau gallodrome. Est également puni des mêmes peines l'abandon d'un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, à l'exception des animaux destinés au repeuplement. »


Et en lisant ça, je me dis : Voyons voir. Imaginons la scène répréhensible suivante : une femme prodigue une caresse buccale à un chien. Passé l'écoeurement qui vous saisi, si vous vous demandez quel mal fait cette femme à ce chien, vous conviendrez rapidement qu'elle ne lui en fait aucun. Je veux dire qu'elle ne lui inflige ni douleur, ni torture mentale (le chien ne se pose pas de questions particulières, relativement à sa condition de chien).

En revanche, imaginons la scène suivante : un homme plante successivement plusieurs banderilles dans les flancs d'un taureau, qui se tord de douleur et se cabre, le sang jaillissant de ses blessures.

Ah oui, une banderille, c'est ça :

Image1


Passé l'écoeurement qui vous saisi, vous vous demandez de quel droit on peut infliger pareils sévices à un animal, n'est-ce pas ?

Cependant, prodiguer une caresse buccale à un chien est puni par la loi, tandis que lui enfoncer ces harpons dans les flancs avant de lui planter une épée dans la nuque, ne l'est pas.

Fort de ces constatations, et puisqu'il est théoriquement interdit de sucer un chien, mais que rien n'interdit de mettre à mort un taureau, je pose la question existentielle suivante : Si, avant de massacrer l'animal dans l'arène, le toréador encule le taureau, y a-t-il mauvais traitement sur animal ?

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07 mars 2007

30 millions d'amis, 60 millions de consommateurs

J'ai hésité, pour la catégorie. Fumées noires ? Oui, parce que la vision des images dont je donne le lien ci-dessous, procure un profond sentiment de malaise, de mal être même. Cela laisse comme un goût de cendre dans la bouche. C'est amer, ça sent la mort, l'inutile souffrance. Ca rappelle des faits, historiques. Des images d'écartèlement, d'empalement. Des images horribles, issues du plus profond de notre moyen âge, quand on coupait les mains des voleurs et que l'on arrachait les seins des femmes.

Fumées noires, bien sûr. Mais culpabilité, aussi, surtout. Culpabilité, parce que les créatures tout droit sorties de nos cauchemars d'enfants, qui torturent ainsi nos compagnons, des chiens, des chats, qui les battent à mort, qui les dépècent vivants, ces créatures sont humaines. Ce sont des hommes. Qui rentrent le soir chez eux, embrassent leurs enfants et leur femme, et saluent respectueusement leur maman, qui vit sous le même toit, et qui est fière de voir l'ainé qui travaille, tandis que le cadet traine avec des vauriens, dans la rue.

Oui, belle réussite de l'ainé. Ca pourrait être moi, ça pourrait être vous. Comment ? Non, pas vous ? Mais si, je vous assure. Vous seriez à leur place, dans leur pays, avec leurs revenus, vous feriez peut-être pareil. Et peut-être pas. Mais ce qui donne vraiment la nausée, c'est que ces gens-là sont ordinaires. Ni bons, ni mauvais. Pour eux, c'est un travail, probablement bien payé. Ils suspendent un chien vivant à une corde, ils prennent un couteau, ils le dépècent, en prenant soin de ne pas abimer la peau. C'est leur gagne-pain. Pendant ce temps, l'animal est toujours vivant. Et lorsque la peau a été soigneusement séparée du muscle à vif, l'animal est dépendu, et il est jeté à terre. Vivant.

Si vous le pouvez, regardez cette vidéo. Soutenez le regard de ce chien, et dites-moi si vous pouvez la regarder jusqu'au bout. Parce que moi, je n'ai pas pu. Je n'ai pas pu soutenir le regard de ce chien, j'ai coupé la vidéo, je suis venu ici, et j'ai vomi sur ce blog mon horreur et ma consternation.

http://www.dailymotion.com/visited/search/peta/video/xwonq_jlopez

Posté par Maldoror à 01:15 - Culpabilité - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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