12 décembre 2008
La vieillesse est un naufrage
Sa majesté l'a décrété : Rama Yade est en disgrâce. Elle a osé désobéir au roi, elle doit payer la faute de lèse-majesté, par l'humiliation publique.
Et qui est l'exécuteur des basses-oeuvres, le bourreau de cette jeune femme, qui n'a eu comme seul défaut que de croire naïvement que Nicolas Sarkozy la faisait entrer au gouvernement pour d'autres raisons que sa négritude et sa beauté ? Bernard Kouchner.
Oui, Bernard Kouchner. Vous vous souvenez, ce socialiste, créateur de médecins sans frontières, que l'on voyait nagère, sac de riz sur l'épaule, nous expliquer avec la colère communicative, et force conviction, qu'il existait un "devoir d'ingérence" dans les affaires étrangères d'un pays, dés lors que les peuples souffraient, c'était lui.
C'était bien le même homme, qui vient hier de déclarer sans ciller, le doigt sur la couture du pantalon, en bon vassal, que les droits de l'homme n'ont rien à faire avec la politique étrangère (qu'il existe une "contradiction" entre les deux, ce qui revient au même.
La vieillesse est un naufrage, et même si certains comme Jean-Pierre Dubois, Président de la ligue des droits de l'homme, se réjouissent finalement plutôt de cette déclaration : «Depuis un an et demi, nous disons qu’un ministère des Droits de
l’homme est une mauvaise idée, car cela devient une réserve indienne,
un alibi. Que Kouchner s’en rende compte, même tard, c’est une bonne
nouvelle. Maintenant, il devrait se demander à quoi sert sa propre
nomination au Quai d’Orsay.», d'autres, comme le Président d'Amnesty International, Stephan Oberreit, soulignent que : «Quand il déclare qu’il y a une contradiction entre politique
étrangère et droits de l’homme, c’est choquant. Ce serait un retour à
la realpolitik effrayant."
Eh oui, c'est choquant, voilà. Mais c'est dans l'air du temps, d'officialiser ce qui est implicite. Les patrons de France Télévision ont toujours été sous la coupe de l'Elysée ? Eh bien, officialisons la chose : désormais, ce sera officiellement l'Elysée qui nommera les patrons de France Télévision. Les salariés sont réduits en esclavage par des employeurs, eux-même toujours taxés davantage par un état passoire, qui laisse couler l'argent entre ses doigts comme un enfant joue avec le sable ? Eh bien, officialisons l'esclavagisme : démolissons le droit du travail, autorisons le travail le dimanche, repoussons l'âge de la retraite jusqu'à 70 ans.
Encore que, quand on entend les pauvres déclarations navrantes de Bernard Kouchner, qui aura 70 ans l'année prochaine, on se dit qu'il devrait déjà être à la retraite depuis longtemps, et on se prend presque à être navré de le voir ainsi sabrer sa belle image du "french doctor". Car c'est avec l'image d'un vassal qu'il quittera les arcanes du pouvoir, et terminera sa carrière politique.
Commentaires
... le temps ne fait rien à l'affaire .... disait Brassens et il avait raison.
Il y a tellement de jeunes cons !
Je ne pense pas que les dérives de Kouchner soient dûes à son âge pas si canonique que ça.
Malgré tout, même si je ne lui pardonne pas ses errances, je n'arrive pas à le détester et je ne le mets pas sur le meme pied qu'un Hortefeux, pour ne citer que lui.
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